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Article AUTONOME (Décret n° 2020-1484 du 30 novembre 2020 portant publication des mesures 1 à 6 (2018) relatives aux zones spécialement protégées de l'Antarctique, adoptées à Buenos Aires le 18 mai 2018, lors de la XLIe réunion consultative du traité sur l'Antarctique (RCTA) (1))

Article AUTONOME (Décret n° 2020-1484 du 30 novembre 2020 portant publication des mesures 1 à 6 (2018) relatives aux zones spécialement protégées de l'Antarctique, adoptées à Buenos Aires le 18 mai 2018, lors de la XLIe réunion consultative du traité sur l'Antarctique (RCTA) (1))


ANNEXE
PLAN DE GESTION POUR LA ZONE SPÉCIALEMENT PROTÉGÉE DE L'ANTARCTIQUE NO 170
NUNATAKS MARION, ILE CHARCOT, PÉNINSULE ANTARCTIQUE
Introduction


Afin de protéger les valeurs environnementales et, en particulier, la faune et la flore terrestres des nunataks Marion, sur l'île Charcot dans la péninsule antarctique (69°45' S, 75°15' O), cette zone a été désignée zone spécialement protégée de l'Antarctique (ZSPA).
Le site des nunataks Marion est proche de la côte nord de l'île Charcot, une île éloignée couverte de glace située à l'ouest de l'île Alexandre, dans la partie orientale de la mer de Bellingshausen, le long de la péninsule Antarctique. Il forme une chaîne d'affleurements rocheux longue de 12 km, située au milieu de la côte nord de l'île et s'étend du mont Monique à l'extrémité ouest, jusqu'au mont Martine à l'extrémité est. Sa superficie est de 106,5 km2 (ses dimensions maximales sont de 9,2 km du nord au sud et de 17 km d'est en ouest) et couvre la quasi-totalité, sinon l'intégralité des terres libres de glace de l'île Charcot.
Le peu de visites effectuées par le passé sur cette zone ont rarement duré plus de quelques jours et n'avaient pour but que de mener des recherches géologiques. Toutefois, les scientifiques du British Antarctic Survey (BAS) qui se sont rendus sur place entre 1997 et 2000 ont découvert un site biologique riche situé sur le nunatak de Rils par 69°44'56” S, 75°15'12” O.
Le nunatak de Rils abrite plusieurs caractéristiques exceptionnelles dont deux espèces de lichen qui n'ont été répertoriées nulle part ailleurs en Antarctique, des mousses que l'on trouve rarement sous de latitudes aussi australes et, plus important encore, une absence totale d'arthropodes prédateurs et de collemboles qui sont pourtant présents sur tous les autres sites similaires dans la zone biogéographique. Les nunataks sont extrêmement vulnérables à l'introduction d'espèces non indigènes locales et régionales que des visiteurs pourraient introduire accidentellement sur le site.
La ZSPA n° 170, les nunataks Marion, a été désignée à l'initiative et sur proposition du Royaume-Uni comme ZSPA par la Mesure 4 (2008).
La zone fait partie du système des zones protégées de l'Antarctique, ce qui permet de protéger l'ensemble, unique en son genre, d'espèces trouvées sur les nunataks Marion ; c'est également la première fois que décision est prise de protéger une importante zone de sol représentative de la calotte permanente et des nunataks que l'on trouve couramment dans le sud de la péninsule antarctique. La résolution 3 (2008) recommandait que l'analyse des domaines environnementaux pour le continent antarctique serve de modèle dynamique pour l'identification des zones spécialement protégées de l'Antarctique dans le cadre environnemental et géographique systématisé visé à l'article 3 (2) de l'annexe V du Protocole (voir également Morgan et al., 2007). Dans ce modèle, la ZSPA n° 170 fait partie du Domaine environnemental C (domaine géologique du sud de la péninsule antarctique) et du Domaine E (péninsule antarctique et principaux champs de glaces de l'île Alexandre). D'autres zones protégées contenant le domaine C comprennent la ZSPA n° 147 (bien que non spécifiquement mentionnée dans Morgan et al., 2007). Les autres zones protégées du Domaine E englobent les ZSPA nos 113, 114, 117, 126, 128, 129, 133, 134, 139, 147, 149, 152, et les ZGSA nos 1 et 4. La ZSPA figurant au sein de la Région de conservation biogéographique de l'Antarctique (RCBA) 4, sud central de la péninsule antarctique, est l'une des deux seules ZSPA dans RCBA 4, l'autre étant la ZSPA n° 147 (Terauds et al., 2012).


1. Description des valeurs à protéger


La valeur environnementale exceptionnelle de la zone, qui justifie pleinement sa désignation de ZSPA, repose sur l'existence d'un ensemble d'espèces uniques que l'on peut trouver au sein de son environnement terrestre :
Cette zone se démarque au sein de l'Antarctique maritime par la singularité de sa faune terrestre qui ne semble contenir ni arthropodes prédateurs ni collemboles, contrairement au reste de la zone terrestre environnante où ils demeurent des membres omniprésents et importants. A ce titre, le site offre des possibilités uniques d'étude scientifique des communautés biologiques terrestres de l'Antarctique maritime dont sont absents des éléments écologiques clés.
La flore des nunataks Marion renferme une formation exceptionnelle de trois mousses que l'on trouve rarement au-delà de 65° S (Brachythecum austrosalebrosum, Dicranoweisia crispulaet Polytrichium pilifèrum).
La zone comprend également deux espèces de lichens qui n'avaient jusqu'ici jamais été recensées en Antarctique (Psilolechia lucida et Umbilicaria aff thamnodes) et est la seule région aussi australe à recenser plusieurs espèces de lichens (dont Frutidella caesioatra, Massalongia spp., Ochrolechia. frigida, Usnea aurantiaco-atra et Usnea trachycarpa).
Ces valeurs sont vulnérables aux impacts humains, aux dommages causés par piétinement à l'habitat et à l'introduction d'espèces non indigènes susceptibles de perturber la structure et la fonction de l'écosystème.


2. Buts et objectifs


Les buts et objectifs du plan de gestion sont les suivants :


- éviter la dégradation des valeurs de la zone, ou les préjudices éventuels en empêchant les perturbations humaines injustifiées à la zone ;
- empêcher ou limiter l'introduction de végétaux, animaux et microbes non indigènes dans la zone ;
- réduire les risques d'introduction d'agents pathogènes qui pourraient constituer une source de maladies pour les populations faunistiques de la zone ;
- permettre d'autres travaux de recherche scientifique à condition d'une part, qu'ils résultent de raisons impérieuses qui ne pourraient être satisfaites ailleurs et d'autre part, qu'ils ne portent pas atteinte au système écologique de la zone ; et
- préserver l'écosystème naturel de la zone afin qu'elle serve de zone de référence pour de futures études.


3. Activités de gestion


Les activités de gestion impliquant des visites et l'érection de structures permanentes dans la zone peuvent considérablement accroître les risques d'impact humain irréversibles par l'introduction d'espèces locales non indigènes. Ainsi, afin de gérer au mieux ce site, il convient de mettre l'accent sur la limitation des visites et de l'importation de matériaux au sein de la zone. Les activités de gestion ci-après doivent être entreprises pour protéger les valeurs de la zone :
En raison de la vulnérabilité de la zone et des graves conséquences que pourrait avoir l'introduction d'espèces non indigènes, le nombre des visites de gestion doit être maintenu à son strict minimum et l'érection de structures permanentes, telles que des panneaux d'information et de signalisation sur des sols libres de glace, doit être évitée.
L'autorité nationale doit impérativement informer les équipes de terrain des valeurs qu'il convient de protéger au sein de la zone, ainsi que des précautions et mesures d'atténuation qui sont exposées en détail dans le présent plan de gestion.
Des copies du présent plan de gestion doivent être mises à la disposition des navires et aéronefs prévoyant de visiter les abords de la zone.
Le plan de gestion doit être réexaminé au moins une fois tous les cinq ans et mis à jour en conséquence.
Une copie du présent plan de gestion doit être mise à disposition dans la station de recherche de Rothera (Royaume-Uni ; 67°34' S, 68°07' 0) et de la station General San Martin (Argentine ; 68°68' S, 67°06' 0).
Toutes les activités scientifiques et de gestion entreprises au sein de la zone devraient faire l'objet d'une évaluation d'impact sur l'environnement conformément à ce que requiert l'annexe I du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement.
Les directeurs des programmes antarctiques nationaux en cours d'exécution dans la région se livreront entre eux à des consultations pour veiller à ce que les activités de gestion susmentionnées soient mises en œuvre.


4. Durée de la désignation


La zone est désignée pour une période indéterminée.


5. Cartes


Carte 1. - Situation géographique de l'île Charcot par rapport à l'île Alexandre et à la péninsule antarctique. Spécifications de la carte : WGS84 Stéréographique polaire antarctique. Méridien central : - 55° : Parallèle de référence : - 71°.
Carte 2. - Cartographie de l'île Charcot et matérialisation de la ZSPA n° 170, Nunataks Marion située au nord- ouest de l'île. Spécifications de la carte : WGS84 Stéréographique polaire antarctique. Méridien central : - 75° ; Parallèle de référence : - 71,0°.
Carte 3. - ZSPA n° 170, Nunataks Marion, île Charcot, péninsule antarctique. Spécifications de la carte : WGS84 Stéréographique polaire antarctique. Méridien central : - 75° ; Parallèle de référence : - 71,0° Développée à partir de la mosaïque d'images de l'Antarctique Landsat de l'institut d'études géologiques des Etats-Unis (USGS), ID du lieu : x - 2250000y + 0450000. Métadonnées disponibles sur http://lima.usgs.gov/.


6. Description de la zone
6 (i) Coordonnées géographiques, bornage et caractéristiques du milieu naturel


L'île Charcot, de forme grossièrement circulaire, se situe à environ 50 km de l'île Alexandre dont elle est séparée dans sa partie nord-ouest (à env. 100 km de distance) par le détroit de Wilkins à l'est et le détroit d'Attenborough au sud (cartes 1 et 2). Il y a encore peu de temps, l'île Charcot était reliée à l'île Alexandre par la plateforme glaciaire de Wilkins, mais en 2008, une grande partie s'est effondrée et, en avril 2009, le pont de glace a fini par totalement céder (Vaughan et al., 1993 ; Braun et al., 2009). L'île Charcot est couverte de glace à l'exception des nunataks Marion (69°45' S, 75°15' O) qui forment, au milieu de la côte nord de l'île, une chaîne de 12 km d'affleurements rocheux surplombant la mer, essentiellement constituée de falaises abruptes orientées au nord (Carte 3). Le mont Monique se trouve vers l'extrémité ouest de la chaîne des nunataks Marion et le mont Martine vers son extrémité est. L'altitude de ces deux pics oscille entre 750 et 1 000 mètres.
Les limites de la zone sont établies de la manière suivante :
Le point indiqué sur la côte nord de l'île Charcot par 69°43' 07” S, 75°00'00” O représente l'extrémité nord- ouest de la zone. La limite de la zone s'oriente ensuite à l'ouest en suivant la côte pour parvenir jusqu'au point établi par 69°48'00” S, 75°19'19” O. Puis, elle gagne à l'est et pénètre dans les terres pour atteindre un point de la calotte glaciaire de l'île Charcot par 69°48'00” S, 75°00'00” O. Enfin, elle s'oriente vers le nord pour revenir au point de la côte situé par 69° 43'07” S, 75°00' 00” O. La zone comprend également l'île Cheeseman (69°43'24” S, 75°11'00” O).
Aucune borne ne délimite la zone. Les dimensions maximales sont de 9,2 km du nord au sud et de 17 km d'est en ouest (106,5 km2). La zone comprend également une calotte de glace qui s'étend sur au moins 4 km vers le sud et l'est des nunataks Marion et sert de zone tampon pour empêcher l'introduction accidentelle d'espèces non indigènes (carte 3). Les falaises de glace abruptes de la côte nord de l'île rendent l'accès par la mer difficile.


Conditions climatiques


On ne dispose d'aucune donnée climatique mais l'île Charcot se trouve sur le chemin emprunté par les dépressions qui abordent la péninsule antarctique par l'ouest. Les images satellitaires montrent que la majeure partie du temps, l'île disparaît sous une couverture nuageuse et qu'il faut attendre au mieux la fin de l'été pour qu'elle se libère de la banquise côtière formée au cours de l'hiver, si elle se libère.


Biogéographie


Les recherches réalisées par Smith (1984) et Peat et al., (2007) décrivent les régions biogéographiques établies et reconnues de la péninsule antarctique. L'Antarctique peut être scindée en trois grandes provinces biologiques : maritime nord, maritime sud et continentale. L'île Charcot appartient à la province maritime sud (Smith. 1984), à environ 600 km au nord de la ligne Gressitt, principale discontinuité biogéographique, qui sépare la péninsule antarctique du continent antarctique (Chown et Convey, 2007). Elle relève aussi de la RCBA 4, Sud central de la péninsule antarctique (Terauds et al., 2012).


Géologie


Les roches des nunataks Marion sont constituées de grès et d'argilites turbiditiques similaires à celles trouvées à proximité de l'île Alexandre. Toutefois, la géochronologie et les analyses isotopiques réalisées sur des minéraux détritiques (grains ayant survécu à l'érosion, au déplacement et au dépôt qui conservent les informations relatives à leur roche mère) semblent indiquer que les roches de l'île Charcot diffèrent de celles trouvées sur l'île Alexandre et peut-être aussi de l'ensemble de la péninsule antarctique (Michael Flowerdew, communication personnelle). Les roches de l'île Alexandre se sont formées à partir de sédiments érodés qui se sont détachés de roches présentes sur la péninsule antarctique. Toutefois, les sédiments de l'île Charcot se sont à l'origine déposés à l'intérieur d'une profonde tranchée marine qui est née de la destruction de la plaque Pacifique située en dessous de la bordure de l'ancien continent Gondwana. Des roches sédimentaires ont été arrachées de la plaque Pacifique au cours de sa destruction et se sont accrétées au continent Gondwana, provoquant ainsi leur plissement et leur métamorphose sous l'effet de la haute pression. Les roches sédimentaires de l'île Charcot dateraient du Crétacé (déposées il y a 120 millions d'années environ) et pourraient avoir été transportées sur de longues distances en un laps de temps assez court, avant de se juxtaposer à l'île Alexandre il y a quelques 107 millions d'années.


Biologie


Le site biologique terrestre reconnu (situé sur le nunatak de Rils par 69°44'55” S, 75°15'00” O) s'étend sur approximativement 200 mètres d'est en ouest et sur tout au plus 50 mètres du nord au sud et abrite un vaste biote (Convey et al., 2000). Ce promontoire rocheux végétalisé descend lentement vers le nord-ouest pour ensuite glisser abruptement vers des falaises à pic qui tombent dans la mer. Les visites effectuées sur ce site de décembre 1997 à janvier 2000 ont permis d'observer la présence d'eau libre pendant l'été.
Les biotes de ce site biologique terrestre reconnu sont les suivants :
Bryophytes : 16 mousses (dont Andreaea spp., Bartramia patem, Bryun pseudotriquetrum, Brachytheciun austrosalehrostan, Ceratodon purpureus, Dicranoweisia crispula, Grimmia reflexidens, Hennediella heimii, Hypnwn revolutum, Pohlia spp., Polytrichum piliferum, Schistidium antarctici, Syntrichia princeps) et une hépatique (Cephaloziella varians). Les espèces dominantes sont Andreaea spp., Dicranoweisia crispula et Polytrichum piliferum, que l'on ne rencontre habituellement que dans la région subantarctique. L'abondance de B. austrosalehrosum est d'autant plus remarquable qu'il s'agit d'une espèce hydrique ayant constamment besoin d'eau. L'eau, qui s'écoule au goutte à goutte des couches de neige tardive sur des dalles de roche humide, permet aux mousses de s'implanter pour former des coussins de 15 cm d'épaisseur. (Smith, 1998 ; Convey et al., 2000).
Algue foliacée : Prasiola crispa (Smith, 1998 ; Convey et al. 2000).
Lichens : 34 espèces ont été recensées et deux autres ont pu être assimilées à un genre taxinomique.
Les principales espèces de lichens sont Pseudophebe minuscule, Umbilicaria decussata, Usnea sphacelata et divers taxons encroûtants (Smith, 1998 ; Convey et al., 2000). Des communautés de lichens occupent la plupart des sols et crêtes rocheux, secs et balayés par le vent. Des canaux d'eau de fonte parcourant des dalles rocheuses inclinées sont bordés de grands thalles (pouvant atteindre une quinzaine de centimètres de diamètre) d'Umbilicaria antarctica. La zone dispose de deux espèces de lichens qui n'avaient jamais été recensées en Antarctique jusque-là, (Psilolechia lucida et Umbilicaria aff. thamnodes), mais aussi plusieurs autres espèces de lichens dont la présence, à une latitude si méridionale, est inédite (dont Frutidella caesioatra, Malassalongia spp., Ochrolechia frigida, Usnea aurantiaco-atra et Usnea trachycarpa). Chose inhabituelle, l'espèce très répandue Usnea antarctica n'a pu être observée sur place.
Invertébrés : sept espèces d'acariens, sept nématodes et quatre tardigrades étaient présents dans des prélèvements effectués aux nunataks Marion. Chose surprenante, ni acariens prédateurs ni collemboles n'ont été recensés (Convey, 1999 Convey et al., 2000).
Vertébrés : une petite colonie de soixante manchots Adélie (Pygoscelis adeliae) composée de nombreux oisillons a été aperçue sur les petites îles qui se trouvent juste au nord-ouest du mont Monique (Henderson, 1976 Croxall et Kirkwood, 1979). La colonie a été revue au même endroit en janvier 2011 et se compose de 70 couples reproducteurs et de nombreux oisillons. Il s'agit de la colonie de manchots Adélie la plus au sud de la péninsule antarctique. En dehors de cette colonie de manchots, il n'y a guère de vertébrés dans la zone. Des labbes de McCormick (Stercorarius maccormicki) ont été observés dans la zone mais seul un nid a été découvert sur un tapis de mousse. Parmi les oiseaux observés et susceptibles de se reproduire dans la zone figuraient en petits nombres des sternes antarctiques (Sierna vittata), des pétrels des neiges (Pagodroma nivea), des pétrels antarctiques (Thalassoica antarctica) et des océanites de Wilson (Oceanites oceanicus Kühl) (Henderson, 1976 : Smith, 1998 : Convey et al., 2000).
Bien que tous les éléments du biote recensés soient typiques de la zone biogéographique de l'Antarctique maritime (Smith, 1984), les détails de la composition de leur biome varient considérablement de ceux d'autres communautés répertoriées sur d'autres sites. L'absence apparente de collemboles contraste nettement avec les recensements effectués dans tous les autres sites reconnus de l'Antarctique maritime, où ils sont omniprésents. Plusieurs autres espèces d'animaux aperçues aux nunataks Marion laissent à penser que les densités de population sont comparables à celles trouvées dans de nombreux autres sites côtiers de l'Antarctique maritime et qu'elles ont un ordre de grandeur au moins supérieur à celles habituellement trouvées dans les sites de l'Antarctique continental ou dans la partie sud-est de l'île Alexandre, qui est à la limite sud de l'Antarctique maritime. La contribution numérique des collemboles aux autres faunes de l'Antarctique maritime semble être compensée sur l'île Charcot par la présence de plusieurs acariens prostigmatides de petite taille (Nanorchestes nivalis et Eupodes minutes). L'absence de taxons prédateurs au sein de la communauté d'arthropodes de l'île Charcot est exceptionnelle compte tenu des densités de populations d'arthropodes observées.
Les communautés biologiques terrestres de l'île Charcot sont extrêmement vulnérables à une introduction accidentelle de biotes indigènes et non indigènes de l'Antarctique par l'homme. Convey et al. (2000) écrit :
« Puisque les visiteurs qui débarqueront sur l'île arriveront forcément d'autres sites de la zone maritime [antarctique], ils accroissent le risque de transfert accidentel de terre ou de végétaux agglutinés à leurs chaussures, vêtements, sacs à dos, etc. C'est la raison pour laquelle il est impérieux d'éviter tout transfert d'espèces indigènes entre les diverses populations isolées de l'Antarctique maritime. Il est donc urgent de mettre en place des mesures de contrôle strictes pour tous les visiteurs de ce site, ainsi que d'autres, afin d'assurer la pérennité de leur conservation. ».


Activités humaines antérieures


La zone est extrêmement isolée et très difficile d'accès si ce n'est par aéronef et par conséquent a été visitée par un faible nombre de personnes et ces visites ont généralement été brèves. L'île Charcot a été découverte le 11 janvier 1910 par Jean Baptiste Charcot, alors chef de l'Expédition antarctique française. C'est l'Expédition antarctique de recherches de Ronne (RARE) qui a, la première, atterri sur l'île le 21 novembre 1947 et a profité de l'occasion pour photographier, depuis les airs, des parties de l'île (Searle, 1963).
En novembre 1982, l'Expédition antarctique chilienne et les Forces aériennes chiliennes (FACH) y ont construit une cabane temporaire (30 m2) et une piste d'atterrissage. Le campement était implanté sur la glace à quelques kilomètres à l'est du mont Martine (69°43' S, 75°00' O), à l'endroit même où se situe de nos jours la limite est de la zone. La cabane a été ensevelie par la neige pendant l'hiver 1983 et il ne reste aucune trace de cette station en surface (Comité Nacional de Investigationes Antarcticas (CNIA), 1983 : Veronica Valejos, communication personnelle).
Les géologues et cartographes de la British Antarctic Survey (BAS) ont fait de brèves visites aux nunataks Marion en janvier 1975, du 9 au 13 février 1976, et le 17 janvier 1995. Des biologistes de la BAS ont visité le nunatak de Rils le 22 décembre 1997, les 20 et 21 janvier 1999, le 5 février 1999 et le 16 janvier 2000. Les rapports évaluent à moins de dix le nombre de visites effectuées par les équipes de terrain aux nunataks Marion depuis la première opération menée en 1975. Ces visites n'ont en général pas excédé quelques jours ou quelques heures. Il convient ici de noter que, depuis la découverte de ces écosystèmes uniques en leur genre, plus aucune visite n'a été effectuée aux nunataks Marion à l'intérieur des terres en partant du littoral (Convey et al. 2000). Il est par conséquent probable que l'écosystème ait conservé son état vierge originel et qu'aucune introduction de macrobiote ne se soit produite.
Au début de 2010 et 2011, des scientifiques des États-Unis d'Amérique ont brièvement accosté en bateau pour étudier la colonie de manchots Adélie située sur la côte nord-ouest du mont Monique.


6 (ii) Accès à la zone


Il n'existe pas de points d'accès spécifiques, mais les atterrissages d'aéronefs sont souvent plus sûrs lorsqu'ils sont effectués sur des zones de glace permanente, car accéder à la terre depuis la mer se révèle difficile en raison de la présence de falaises de glace abruptes sur une grande partie du littoral. Les atterrissages d'aéronefs dans la zone doivent être conformes aux conditions décrites dans la section 7 (ii). Au début de 2010 et 2011, de brefs débarquements ont été effectués depuis la mer par des scientifiques américains venus visiter la colonie de manchots Adélie située sur la terre libre de glace au nord-ouest du mont Monique (situation approximative, 69°45'40” S, 75°25'00” O). Les débarquements ont été réalisés en dépit des conditions difficiles, mais habituelles, rencontrées sur la glace de mer. Ces mêmes conditions ont empêché tout débarquement en 2012. C'est pourquoi cet itinéraire n'est pas celui qui est recommandé pour accéder à la zone.


6 (iii) Structures à l'intérieur et à proximité de la zone


Il n'existe aucune installation ou cache connue dans la zone. Un cairn a été construit au sommet du petit nunatak (à environ 126 mètres d'altitude), par 69°44'55” S, 75°15'00” O, à l'occasion du Programme de satellite Doppler mené à l'initiative de l'Institut d'études géologiques des États-Unis (USGS) et de la British Antarctic Survey (BAS) entre 1975 et 1976 (Schoonmaker et Gatson, 1976). Ce cairn de 0,6 cm de hauteur indique, au moyen d'une plaque en cuivre de I'USGS mal rivetée à la roche faillée où est gravée la mention « Jon, 1975- 1976 », l'emplacement de la station Jon. Un poteau de tente en métal (2,4 mètres) a été érigé dans le cairn ; toutefois, il n'en est pas fait mention dans les rapports de visite depuis 1995 (Anonyme, 1977 ; Morgan, 1995).


6 (iv) Emplacement d'autres zones protégées à proximité


Il n'existe pas d'autres ZSPA ou ZGSA à proximité ; la plus proche est la ZSPA n° 147, vallée Ablation dans les monts Ganymède, située à 270 km de la côte est de l'île Alexandre.


6 (v) Zones spéciales au à l'intérieur de la zone


Il n'y a aucune zone spéciale à l'intérieur de la zone.


7. Critères de délivrance des permis
7 (i) Conditions générales pour l'obtention d'un permis


L'accès à la zone est interdit sauf si un permis est délivré par l'autorité nationale compétente conformément au paragraphe 4 de l'article 3 et de l'article 7 de l'annexe V du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement.
Les conditions de délivrance d'un permis pour entrer dans la zone sont les suivantes :


- un permis est délivré pour répondre à des missions scientifiques ne pouvant être effectuées ailleurs, ou pour des raisons essentielles à la gestion de la zone ;
- les activités autorisées le sont si, via le processus d'évaluation d'impact sur l'environnement, elles sont considérées comme concourant à la protection continue des valeurs environnementales, écologiques et scientifiques de la zone ;
- les actions permises sont conformes aux objectifs du présent plan de gestion ;
- le permis, ou une copie autorisée, doit être emporté à l'intérieur de la zone ;
- le permis doit être délivré pour une durée déterminée ;
- un rapport est adressé à l'autorité ou aux autorités mentionnées sur le permis ; et
- il convient de notifier à l'autorité compétente toute activité/mesure entreprise qui n'aurait pas été incluse dans le permis accordé.


7 (ii) Accès à la zone et déplacements à l'intérieur de celle-ci


Il est vivement recommandé de se limiter, dans la mesure du possible, à des visites d'une journée sur la zone, afin de réduire les besoins en matériel de campement et les risques connexes d'introduction d'espèces non indigènes dans la zone. S'il n'est pas possible de répondre aux besoins scientifiques ou de gestion en une seule journée, les visites d'une durée plus longue qui exigent de camper à l'intérieur de la zone sont autorisées mais uniquement après que toutes les autres options ont été étudiées en détail et rejetées.
L'accès du personnel ou de matériel arrivant directement d'autres sites de recherche biologique terrestre est interdit dans la zone. Comme le décrit en détail le présent plan de gestion (section 7 [x] ), il est impératif, pour pénétrer dans la zone, que tous les visiteurs et le matériel transitent par une station antarctique ou un navire, où les vêtements et le matériel seront méticuleusement nettoyés.
Pour protéger les valeurs de la zone et limiter le risque d'introduction d'espèces non indigènes, les restrictions mentionnées ci-après s'appliquent à l'intérieur de la zone :
(a) Aéronefs et systèmes d'aéronefs pilotés à distance (RPAS) :
Les aéronefs ne sont autorisés à atterrir dans la zone que s'ils ont pris les mesures décrites en détail dans le présent plan de gestion (section 7 [x] ). Dans le cas contraire, les aéronefs doivent atterrir en dehors de la zone. Au sein de la zone, il est interdit aux aéronefs à voilure fixe et rotative d'atterrir à moins de 100 mètres d'un sol libre de glace et par voie de conséquence, de la flore et de la faune qui lui sont associées. Les 100 mètres restants doivent être parcourus à pied.
Une colonie de manchots Adélie a élu domicile dans la zone, sur la côte située au nord-ouest du mont Monique (situation approximative 69°44'40” S, 75°25'00” O). Les opérations de survol de la zone doivent être réalisées conformément aux « Lignes directrices pour l'exploitation d'aéronefs à proximité des concentrations d'oiseaux dans l'Antarctique », inscrites dans la résolution 2 (2004). Le survol de colonies d'oiseaux dans la zone par des systèmes d'aéronefs pilotés à distance (RPAS) n'est pas autorisé, sauf à des fins scientifiques ou opérationnelles, et en vertu d'un permis émis par une autorité nationale compétente.
(b) Navires et petites embarcations :
Peu d'informations existent sur les zones de débarquement appropriées pour les navires et les petites embarcations (voir section 6 [ii]). Le caractère imprévisible des conditions rencontrées sur la glace de mer dans cette région ne permet pas de recommander le débarquement en bateau comme moyen approprié d'accès à la zone. Toutefois, les débarquements en bateau peuvent être utiles lors de visites sur la côte, pour se rendre par exemple à l'endroit où est implantée la colonie de manchots Adélie au nord-ouest du mont Monique (situation approximative 69°45'40” S, 75°25'00” O).
(c) Véhicules terrestres et traîneaux :
Aucun véhicule terrestre ne doit être introduit dans la zone, sauf pour des raisons scientifiques, de gestion ou de sécurité indispensables. Les véhicules terrestres et traîneaux ne sont autorisés dans la zone que s'ils ont pris les mesures décrites en détail dans le présent plan de gestion (section 7 [x] ). Au sein de la zone, il est interdit aux scooters des neiges, traîneaux et tout autre véhicule terrestre de s'approcher à moins de 100 mètres d'un sol libre de glace et par voie de conséquence, de la flore et de la faune qui lui sont associées. Les 100 mètres restants doivent être parcourus à pied.
(d) Déplacements humains :
Le trafic piétonnier sera maintenu au strict minimum pour garantir le bon déroulement des activités autorisées. Lorsqu'aucune voie piétonnière n'est identifiée, les déplacements piétonniers devraient être strictement réservés à la réalisation d'activités autorisées et toutes les mesures nécessaires devraient être prises pour éviter les effets de piétinement. Les visiteurs doivent éviter de marcher sur des aires végétalisées et progresser prudemment sur les sols humides, en particulier les lits des cours d'eau pour préserver de leurs pas les sols fragiles, les communautés végétales et algales ainsi que la qualité de l'eau.
Des mesures de quarantaine rigoureuses doivent être prises à titre de précaution, tel que cela est décrit à la section 7 (x) du présent plan de gestion.


7 (iii) Activités pouvant être conduites à l'intérieur de la zone


Les activités pouvant être conduites sont :


- les travaux de recherche scientifiques impérieux qui ne peuvent être réalisés ailleurs et ne mettront pas en danger l'écosystème de la zone ;
- les activités d'échantillonnage nécessaires pour que les programmes de recherches soient validés ; et
- les activités indispensables de gestion et de surveillance.


7 (iv) Installation, modification ou enlèvement de structures


Aucune structure ou équipement scientifique ne doit être érigé ou installé dans la zone, hormis pour satisfaire des raisons scientifiques ou de gestion impérieuses ; dans ce cas, un permis précisant la durée de ces activités doit être délivré.
Les structures ou installations permanentes sont interdites.
Toutes les bornes, les structures et tout l'équipement scientifique installés dans la zone doivent être clairement identifiés et mentionner le pays, le nom du principal chercheur ou de l'agence, l'année d'installation et la date prévue d'enlèvement.
Tous ces articles doivent être exempts d'organismes, de propagules (par ex. semences, œufs et spores) et de terre non stérile (voir section 7 [x] ) ; ils doivent être constitués de matériaux pouvant résister aux conditions environnementales et présenter un risque marginal de contamination de la zone.
L'enlèvement de structures et équipements spécifiques dont le permis a expiré incombe à l'autorité qui a, en premier lieu, délivré le permis et doit en outre être l'un des critères de délivrance du permis.
Les structures existantes ne peuvent être démantelées sans délivrance de permis.


7 (v) Emplacement des camps


Les campements dans la zone ne sont autorisés que si les objectifs scientifiques ou de gestion requièrent plus d'une journée pour être menés à bien. Le campement au sein de la zone est également autorisé dans des situations d'urgence. A moins que cela ne se révèle inévitable pour des raisons de sécurité, les tentes doivent être installées sur de la neige ou de la glace, à 500 mètres au moins de la première zone libre de glace.
L'équipement nécessaire à l'établissement de campements au sein de la zone doit être nettoyé et transporté comme cela est décrit à la section 7 (x) du présent plan de gestion.


7 (vi) Restrictions relatives aux matériaux et organismes pouvant être introduits dans la zone


Outre les exigences du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement, les restrictions concernant l'apport de matériaux ou d'organismes au sein de la zone sont les suivantes :
L'introduction délibérée d'animaux, de végétaux, de micro-organismes et de terre non stérile dans la zone est interdite.
Il est nécessaire de prendre des précautions pour éviter l'introduction accidentelle d'animaux, de végétaux, de micro-organismes et de terre non stérile provenant d'autres régions biologiquement distinctes (au sein ou en dehors de la zone couverte par le Traité sur l'Antarctique). Les visiteurs doivent également consulter et se conformer aux recommandations appropriées figurant dans le Manuel sur les espèces non indigènes du Comité pour la protection de l'environnement (CPE, 2011) et dans l'Environmental code of conduct for terrestrial scientific field research in Antarctica [Code de conduite environnemental pour la recherche scientifique terrestre de terrain dans l'Antarctique] (SCAR, 2009). Des mesures supplémentaires relatives à la biosécurité spécifiques à ce site sont énumérées à la section 7 (x).
Aucun produit avicole, y compris les produits alimentaires contenant de la poudre d'œufs non cuits, ne doit être introduit dans la zone.
Aucun herbicide ou pesticide ne doit être introduit dans la zone. Les autres produits chimiques, y compris les radionucléides ou les isotopes stables pouvant être introduits pour répondre à un besoin scientifique impérieux et autorisés par un permis, doivent être enlevés de la zone avant ou au moment de la conclusion de l'activité qui a donné lieu à la délivrance du permis. Les émissions irrémédiables de radionucléides ou d'isotopes stables dans l'environnement doivent impérativement être évitées.
Le combustible, les aliments et autres matériaux ne peuvent être entreposés dans la zone, sauf en cas de nécessité absolue liée aux activités pour lesquelles le permis a été délivré. Ils doivent être stockés et manipulés de façon à limiter le risque d'introduction accidentelle dans l'environnement. Le combustible, les aliments et autres matériaux doivent être uniquement entreposés sur des zones de neige ou de glace et éloignés d'au moins 500 mètres du sol libre de glace le plus proche. Les dépôts permanents sont interdits.
Les matériaux introduits dans la zone le sont pour une période donnée uniquement et doivent être enlevés lors de, ou avant la conclusion de ladite période.


7 (vii) Prélèvement de végétaux et capture d'animaux ou perturbations nuisibles à la faune et la flore


Le prélèvement de végétaux ou toutes perturbations nuisibles à la faune et la flore sont interdits, sauf s'ils sont, d'une part, autorisés par un permis et d'autre part, conformes à l'annexe II du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement. Tous prélèvements ou toutes perturbations nuisibles aux animaux, doivent au minimum se faire conformément aux dispositions du SCAR code of conduct for the use of animals for scientific purposes in Antarctica [Code de conduite du SCAR pour l'utilisation d'animaux à des fins scientifiques dans l'Antarctique] (2011). Les activités d'échantillonnage du sol ou de la végétation doivent être limitées au strict minimum requis à des fins scientifiques ou à des fins de gestion et exécutées avec des techniques qui minimisent les perturbations susceptibles d'être causées au sol, aux structures de glace et au biote.


7 (viii) Collecte ou retrait de matériaux non introduits dans la zone par le titulaire du permis


Le ramassage ou l'enlèvement de matériaux dans la zone ne peut se faire que sur délivrance d'un permis et doit se limiter au minimum requis pour les activités menées à des fins scientifiques ou de gestion. Tous matériaux d'origine anthropique susceptibles d'avoir un impact sur les valeurs de la zone et n'ayant pas été introduits par le titulaire du permis ou une autre personne autorisée peuvent être enlevés dans la mesure où cet enlèvement n'entraînera pas de conséquences plus graves que de les laisser in situ. Dans ce cas, les autorités compétentes doivent en être informées et donner leur accord.


7 (ix) Elimination des déchets


Tous les déchets, y compris les déchets humains, doivent être retirés de la zone.


7 (x) Mesures qui peuvent être nécessaires pour continuer de répondre aux objectifs du plan de gestion


Pour concourir à la protection des valeurs écologiques et scientifiques de la zone, il est nécessaire d'en garantir l'isolement et de maintenir un risque faible d'impact humain. Les visiteurs doivent donc prendre des mesures de précaution particulières pour limiter l'introduction d'espèces non indigènes. D'autres conseils sont donnés dans le Manuel sur les espèces non indigènes du CPE (édition 2017) et l'Environmental code of conduct for terrestrial scientific field research in Antarctica [Code de conduite environnementale pour la recherche scientifique sur le terrain en Antarctique] (SCAR 2009). Une vigilance particulière doit être accordée à l'introduction d'animaux et de végétaux issus de :


- sols provenant d'autres sites de l'Antarctique, y compris ceux qui sont proches des stations ;
- sols en provenance de régions extérieures à l'Antarctique.


Pour entrer dans la zone, les visiteurs doivent limiter les risques d'introduction en se conformant aux mesures suivantes :
(a) Aéronefs :
L'inspection minutieuse ainsi que le nettoyage intérieur et extérieur des aéronefs doivent être réalisés juste avant leur envol de la station antarctique ou du navire. L'intérieur des aéronefs doit être méticuleusement balayé et aspiré, tandis que l'extérieur doit être brossé ou nettoyé à la vapeur. Tous les aéronefs ayant, depuis leur nettoyage à la station ou sur le navire, atterri sur d'autres pistes rocheuses ou à proximité de sites biologiquement riches sont interdits d'accès à la zone.
Avant d'atterrir dans la zone, les aéronefs à voilure fixe ayant décollé d'une piste en gravier doivent avoir atterri ou posé leurs skis sur de la neige propre en dehors de la zone afin d'en déloger toute la terre qui aurait pu y adhérer.
(b) Petites embarcations :
Les embarcations servant à transporter les visiteurs depuis un navire de soutien jusqu'à la limite de la zone doivent être nettoyées (surtout à l'intérieur) et être exemptes de terre, de saletés et de propagules.
(c) Véhicules terrestres et traîneaux :
Toutes traces excessives de boue, de terre, de végétaux et de saleté doivent être ôtées des véhicules terrestres et des traineaux pénétrant dans la zone. Cette opération doit être idéalement effectuée avant que les véhicules ne quittent la station ou le navire qui les transférait sur le terrain. Les véhicules terrestres propres mais ayant roulé depuis dans des zones rocheuses ou terreuses ne doivent pas pénétrer dans la zone.
(d) Equipements nécessaires à l'établissement d'un camp :
Tous les équipements de camping, y compris l'équipement d'urgence, doivent être minutieusement nettoyés (débarrassés de terre et de propagules et, dans la mesure du possible, placés dans des sacs ou des bâches en plastique) avant d'être introduits dans la zone. Cela inclut également le matériel de camping d'urgence transporté par un aéronef qui atterrit dans la zone.
(e) Matériel d'échantillonnage, appareils scientifiques et balises de terrain :
Tout le matériel d'échantillonnage, tous les appareils scientifiques et toutes les balises introduits dans la zone doivent avoir été stérilisés et maintenus en cet état avant d'être utilisés à l'intérieur de la zone. La stérilisation doit se faire au moyen d'une méthode convenue, que ce soit au moyen de rayons UV, d'un autoclavage ou par la stérilisation de la surface en utilisant 70 % d'éthanol ou un biocide disponible dans le commerce (du Virkon® par exemple) (se reporter au « Environmental code of conduct for terrestrial scientific field research in Antarctica » [Code de conduite environnemental pour la recherche scientifique terrestre de terrain dans l'Antarctique] » [SCAR, 2009] ).
(f) Matériel d'usage général :
Le matériel général comprend les harnais, les crampons, le matériel d'escalade, les piolets, les bâtons de marche, le matériel de ski, les balises temporaires, les luges, les traîneaux, les appareils photographiques et vidéo, les sacs à dos, les boîtes de traîneaux ainsi que tout autre équipement personnel.
Tout le matériel destiné à être utilisé à l'intérieur de la zone doit être dépourvu de propagules biologiques comme les semences, les œufs, les insectes, les fragments de végétaux et la terre. Tout le matériel utilisé ou introduit dans la zone doit, dans la mesure du possible, avoir été nettoyé consciencieusement et stérilisé à la station antarctique ou sur le navire d'où ils proviennent. Le matériel doit avoir été maintenu dans cet état avant d'entrer dans la zone et être idéalement scellé dans des sacs en plastique ou autres conteneurs propres.
(g) Vêtements de dessus :
Les vêtements de dessus comprennent les chapeaux, les gants, les pulls ou les polaires, les vestes, les pantalons en toile ou en laine, les pantalons ou les salopettes imperméables, les chaussettes, les chaussures ainsi que tout autre vêtement susceptible d'être exposé à l'environnement. Tout le matériel destiné à être utilisé à l'intérieur de la zone doit être dépourvu de propagules biologiques comme les semences, les œufs, les insectes, les fragments de végétaux et la terre. Les chaussures et vêtements de dessus utilisés ou introduits dans la zone doivent, dans la mesure du possible, avoir été préalablement lavés en machine. Les semences et propagules prisonnières des bandes Velcro® doivent être minutieusement ôtées. Les vêtements neufs, directement sortis de l'emballage du fabricant juste avant d'entrer dans la zone, n'ont pas à être nettoyés.
Les procédures additionnelles pour s'assurer que des espèces non indigènes ne soient pas introduites dans la zone sur des chaussures et des vêtements dépendent de la façon dont le visiteur est entré sur la zone : (i) en atterrissant directement dans la zone ; (ii) par voie terrestre depuis l'extérieur vers l'intérieur de la zone ou (iii), par bateau jusqu'aux limites de la zone :
i. Atterrissage directement au sein de la zone. Une surcombinaison de protection stérile doit être portée. Ce vêtement de protection doit être enfilé juste avant de quitter l'aéronef. Les chaussures de rechange, nettoyées auparavant à l'aide d'un biocide puis scellées dans des sacs en plastique, doivent être déballées et chaussées juste avant d'entrer dans la zone.
ii. Déplacement par voie terrestre depuis l'extérieur vers l'intérieur de la zone. Il n'est pas recommandé de porter une surcombinaison de protection stérile car, une fois à l'intérieur de la zone, beaucoup de déplacements sur un sol crevassé sont susceptibles d'avoir lieu et l'emploi d'une telle surcombinaison peut limiter l'utilisation de matériel de sécurité comme des cordes et des harnais. Les déplacements par voie terrestre au sein de la zone peuvent faire l'objet de mesures alternatives. Chaque visiteur est tenu d'apporter au moins deux jeux de vêtements de dessus. Le premier jeu sera porté pour effectuer le voyage jusqu'à la limite de la zone. Le second, qui a déjà été nettoyé et scellé dans des sacs en plastique, ne doit être porté qu'à l'intérieur de la zone. Juste avant de pénétrer dans la zone, les visiteurs doivent changer de vêtements pour porter le jeu propre. Les chaussures de rechange, nettoyées auparavant à l'aide d'un biocide puis scellées dans des sacs en plastique, doivent être déballées et chaussées juste avant d'entrer dans la zone. Les vêtements de dessus sales qui ont été enlevés doivent être conservés dans des sacs en plastique étiquetés et scellés, de préférence en dehors de la zone. Lorsque les visiteurs quittent la zone par voie terrestre, les vêtements portés dans la zone doivent être enlevés et placés dans un sac en plastique propre et étiqueté et soit, resservir lors de visites ultérieures de la zone, soit renvoyés pour nettoyage à la station antarctique ou au navire d'origine.
iii. Déplacement par bateau jusqu'aux limites de la zone : chaque visiteur, y compris l'équipage embarqué, doit, alors qu'il est encore à bord du bateau d'assistance, et juste avant d'embarquer sur la petite embarcation devant leur permettre d'atteindre la zone, enfiler des vêtements propres (vêtements de navigation, gilets de survie et chaussures) dépourvus de terre, de semences ou de toutes autres propagules.
S'ils le préfèrent, les visiteurs peuvent, lors de leur arrivée à la limite de la zone et avant de quitter le bateau, revêtir des surcombinaisons de protection. Les autres vêtements et chaussures nécessaires pour permettre l'entrée des visiteurs au sein de la zone, doivent être nettoyés avant de quitter le bateau d'assistance et demeurer stockés dans un contenant scellé (sac en plastique) jusqu'à leur utilisation.


7 (xi) Rapports de visite


Le principal titulaire de chaque permis délivré soumet dès que possible à l'autorité nationale compétente, et dans un délai de maximum de six mois après la fin de la visite, un rapport décrivant les activités menées dans la zone lors de chaque visite réalisée. Ces rapports doivent inclure les renseignements identifiés dans le formulaire du rapport de visite d'une zone spécialement protégée de l'Antarctique inclus dans le Guide pour la préparation des plans de gestion de zones spécialement protégées en Antarctique (annexe 2). Ce rapport doit précisément mentionner les zones libres de glace spécifiques visitées au sein de la zone (en indiquant, dans la mesure du possible, les coordonnées GPS de ces sites), le temps passé à chaque endroit et les activités menées. L'autorité nationale doit, chaque fois qu'elle le peut, également transmettre une copie du rapport de visite à la Partie étant à l'initiative du plan de gestion, afin de l'aider à la gestion de la zone et dans la révision du plan de gestion. Les Parties doivent, dans la mesure du possible, déposer les originaux ou les copies de ces rapports dans une archive à laquelle le public pourra avoir accès afin de maintenir ainsi une archive d'usage. Cette archive pourra être utilisée à la fois lors de tout réexamen du plan de gestion et dans le cadre de l'organisation de l'utilisation scientifique du site.


8. Bibliographie


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Carte 1. - Situation géographique de l'île Charcot par rapport à l'île Alexandre et à la péninsule antarctique. Spécifications de la carte : WGS84 Stéréographique polaire antarctique. Méridien central : - 55° : Parallèle de référence : - 71°.



Vous pouvez consulter l'intégralité du texte avec ses images à partir de l'extrait du Journal officiel électronique authentifié accessible en bas de page


Carte 2. - Cartographie de l'île Charcot et matérialisation de la ZSPA n° 170, Nunataks Marion située au nord- ouest de l'île. Spécifications de la carte : WGS 1984 Stéréographique polaire antarctique. Méridien central : - 75° ; Parallèle de référence 1 : - 71,0°.



Vous pouvez consulter l'intégralité du texte avec ses images à partir de l'extrait du Journal officiel électronique authentifié accessible en bas de page


Carte 3. - ZSPA n° 170, Nunataks Marion, île Charcot, péninsule antarctique. Spécifications de la carte : WGS 1984 Stéréographique polaire antarctique. Méridien central : - 75'S ; Parallèle de référence 1 : - 71,0°. Développée à partir de la mosaïque d'images de l'Antarctique Landsat de l'Institut d'études géologiques des Etats-Unis (USGS), ID du lieu : x - 2250000y + 0450000. Métadonnées disponibles sur http://lima.usgs.gov/.



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