ANNEXE
PLAN DE GESTION POUR LA ZONE SPÉCIALEMENT PROTÉGÉE DE L'ANTARCTIQUE (ZSPA) NO 149
CAP SHIRREFF ET ÎLE SAN TELMO, ÎLE LIVINGSTON, ÎLES SHETLAND DU SUD
Introduction
La zone spécialement protégée de l'Antarctique (ZSPA) du cap Shirreff se situe sur la côte nord de l'île Livingston, dans les îles Shetland du Sud, à 60°47'17” de longitude ouest et 62°27'30”de latitude sud, et s'étend sur une superficie d'environ 9,7 km2. Cette zone a été désignée principalement pour protéger le biote présent dans la zone, en particulier des populations importantes et variées d'oiseaux de mer et de pinnipèdes faisant l'objet d'un suivi scientifique à long terme. Des activités de pêche au krill sont menées dans les aires d'alimentation de ces espèces. Le cap Shirreff est donc un site essentiel pour la surveillance de l'écosystème, et répond ainsi aux objectifs de la Convention sur la conservation de la faune et la flore marines de l'Antarctique (CCAMLR). La zone comprend la plus grande colonie reproductrice d'otaries à fourrure de l'Antarctique (Arctocephalus gazella) de la péninsule antarctique, et constitue la colonie la plus méridionale dont nous pouvons suivre les paramètres de reproduction, de démographie et d'alimentation. La zone comprend par ailleurs de nombreux sites présentant une valeur archéologique et historique, associés principalement aux activités des chasseurs de phoques du XIXe siècle. La zone avait à l'origine été désignée suite à des propositions faites par le Chili et les Etats-Unis d'Amérique et adoptée en vertu de la recommandation IV-11 [1966, zone spécialement protégée (ZPA) n° 11]. La zone a été redésignée en tant que site présentant un intérêt scientifique particulier (SISP) n° 32 par le biais de la recommandation XV-7 (1989). La zone a été désignée comme site n° 2 du Programme de contrôle de l'écosystème de la CCAMLR (CEMP) au moyen de la mesure de conservation 82/XIII (1994) de la CCAMLR. La protection de la zone a ensuite été poursuivie à travers la mesure de conservation 91/02 (2004), et ses lignes de démarcation ont été élargies par la mesure 2 (2005) afin de présenter une plus forte composante marine ainsi que des sites de plantes fossiles. La mesure de conservation 91-02 a expiré en novembre 2009, et la protection du cap Shirreff continue à être assurée par le plan de gestion ZSPA n° 149 (SC-CAMLR-XXVIII, paragraphe 5.29 de l'annexe 4). Le plan de gestion avait été révisé par le biais de la mesure 7 (2011).
La zone fait partie des domaines environnementaux E (péninsule antarctique, île Alexandre et autres îles) et G (îles au large des côtes de la péninsule Antarctique), conformément à l'Analyse des domaines environnementaux du continent antarctique (résolution 3, 2008). D'après la classification des régions de conservation biogéographiques de l'Antarctique (résolution 6, 2012), la zone se trouve dans la RCBA3 (nord-ouest de la péninsule antarctique).
1. Description des valeurs à protéger
Le cap Shirreff (60°47'17” de longitude ouest, 62°27'30” de latitude sud,), une péninsule d'une superficie de quelque 3,1 km2, sur l'île Livingston, aux îles Shetland du Sud, avait à l'origine été désigné zone spécialement protégée (ZSP) n° 11 en vertu de la recommandation IV-11 (1966) et ce, à l'initiative du Chili qui s'était appuyé sur les résultats du premier recensement de pinnipèdes effectué dans les îles Shetland du Sud (Aguayo et Torres, 1966). Ce sont cependant les Etats-Unis qui ont officiellement proposé que cette zone soit désignée comme une zone spécialement protégée. La zone comprenait la portion de terre ferme libre de glace de la péninsule de cap Shirreff, au nord de la calotte de glace de l'île Livingston. Les valeurs à protéger lorsque la zone avait été désignée initialement couvraient une grande variété de plantes et d'animaux, de nombreux invertébrés, une importante population d'éléphants de mer (Mirounga leonina) et une petite colonie d'otaries à fourrure de l'Antarctique (Arctocephalus gazella).
Après la désignation de la zone, la taille de la colonie d'otaries à fourrure de l'Antarctique au cap Shirreff a augmenté à un point tel qu'il est devenu possible d'entreprendre des travaux de recherche biologique sans empêcher pour autant la colonie de s'agrandir. Une étude des îles Shetland du Sud et de la péninsule antarctique a permis d'identifier le cap Shirreff et l'île San Telmo comme constituant le site le plus approprié pour surveiller les colonies d'otaries à fourrure de l'Antarctique susceptibles d'être touchées par les opérations de pêche autour des îles Shetland du Sud. Pour tenir compte du programme de surveillance, la ZSP a été redésignée en tant que site présentant un intérêt scientifique particulier (SISP) n° 32 par le biais de la recommandation XV-7 (1989) suite à une proposition faite conjointement par le Chili, le Royaume-Uni et les Etats-Unis d'Amérique. Cette décision procédait des arguments que " la présence de colonies de manchots et d'otaries à fourrure de l'Antarctique ainsi que de pêcheries de krill dans les aires d'alimentation de ces espèces, font de cette zone un site idéal à inclure dans le réseau de contrôle des écosystèmes en cours de création afin d'aider à répondre aux objectifs de la Convention sur la conservation de la faune et de la flore marines de l'Antarctique (CCAMLR). Le but de cette désignation est de permettre l'exécution de travaux de recherche et de surveillance, tout en évitant ou en réduisant autant que faire se peut d'autres activités qui risqueraient d'influer sur les résultats de ce programme de recherche et de surveillance, ou de leur nuire, ou encore d'altérer les caractéristiques naturelles du site. " Les limites de la zone ont été repoussées afin d'inclure l'île San Telmo et des îles proches apparentées. Suite à une proposition élaborée par le Chili et les Etats-Unis d'Amérique, la zone a été ultérieurement désignée comme site n° 2 du Programme de contrôle de l'écosystème de la CCAMLR au moyen de la mesure de conservation 82/XIII (1994) de la CCAMLR, ses lignes de démarcation étant identiques à celles du SISP n° 32. La protection du cap Shirreff en tant que site de Programme de contrôle de l'écosystème de la CCAMLR a continué en vertu de la mesure de conservation (MC) 91/02 (2004).
Les lignes de démarcation de la zone ont été à nouveau élargies au moyen de la mesure 2 (2005) afin d'inclure un élément marin plus important et d'incorporer deux nouveaux sites où furent découvertes des plantes fossiles en 2001 (cartes 1 et 2). La zone désignée (9,7 km2) comprend la totalité de la péninsule du cap Shirreff au nord de la calotte de glace permanente de l'île Livingston, la partie adjacente de la calotte de glace permanente de l'île Livingston où l'on a découvert les fossiles en 2001, le groupe d'îles San Telmo, ainsi que la zone marine environnante et intermédiaire qui s'étend sur 100 m depuis le littoral de la péninsule du cap Shirreff et depuis l'îlot le plus excentré du groupe d'îles San Telmo. La limite s'étend du groupe d'îles San Telmo jusqu'au sud de Mercury Bluff.
La mesure de conservation 91-02 a expiré en novembre 2009, et la protection du cap Shirreff se poursuivant avec l'application du plan de gestion ZSPA n° 149 (SC-CAMLR-XXVIII, paragraphe 5.29 de l'annexe 4). Cette modification a été effectuée en vue d'harmoniser les mesures de protection de la CCAMLR et du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement (le Protocole) et d'éviter la possibilité de doubles emplois dans les exigences et les procédures de gestion.
Le plan de gestion actuel réaffirme les valeurs scientifiques et les valeurs de surveillance exceptionnelles associées aux populations nombreuses et variées d'oiseaux de mer et de pinnipèdes qui se reproduisent dans la zone et, en particulier, celles de la colonie d'otaries à fourrure de l'Antarctique. Cette colonie est en effet la plus grande que l'on trouve dans la région de la péninsule antarctique, ainsi que la plus méridionale ; cette taille permet d'en étudier les modalités de croissance, de survie, d'alimentation et de reproduction. En 2002, elle totalisait quelque 21 000 individus (Hucke-Gaete et al., 2004). L'observation de la colonie d'otaries à fourrure de l'Antarctique a commencé en 1965 (Aguayo et Torres, 1966, 1967) et des données saisonnières sont disponibles depuis 1991, ce qui en fait l'un des plus longs programmes de surveillance continue des otaries à fourrure de l'Antarctique. Partie intégrante du Programme de contrôle de l'écosystème de la CCAMLR (CEMP), les travaux de surveillance ont pour but de détecter et d'éviter les effets négatifs que pourraient avoir les pêcheries sur des espèces dépendantes telles que les pinnipèdes et les oiseaux de mer ainsi que sur des espèces cibles telles le krill antarctique (Euphausia superba). Des études sur le long terme ont pour but l'évaluation et la surveillance de la survie, de l'écologie alimentaire, de la croissance, de l'état, de la reproduction, du comportement, des taux démographiques ainsi que de l'abondance des pinnipèdes et des oiseaux de mer qui se reproduisent dans la zone. Les données émanant de ces études seront comparées aux données environnementales et autres données biologiques, de même qu'aux statistiques de pêche, afin d'aider à identifier les relations de cause à effet qui pourraient exister entre les pêcheries et les populations de pinnipèdes et d'oiseaux de mer.
En 2001-2002, on a découvert des empreintes de mégaflore dans des rochers incorporés à des moraines du glacier de l'île Livingston (Palma-Heldt et al., 2004, 2007) (carte 2). Les rochers fossilifères contiennent deux assemblages palynologiques distincts indiquant des époques et des conditions climatiques différentes, et ont contribué à une étude de l'histoire géologique de l'Antarctique et du Gondwana des études microbiologiques ont été menées dans la zone en 2009-2010 afin d'évaluer l'influence qu'ont les micro-habitats sur la diversité microbiologique et la capacité métabolique (INACH 2010).
Il n'est pas possible de confirmer que les valeurs originales de la zone protégée associées aux communautés des plantes et d'invertébrés constituent les principaux motifs de la protection spéciale de la zone. Nous manquons en effet de données disponibles pour décrire ces communautés.
La zone contient divers objets d'origine anthropique datant d'avant 1958. Elle abrite le site et monument historique n° 59, un cairn commémorant les personnes ayant perdu la vie lors du naufrage du vaisseau espagnol San Telmo dans le passage de Drake en 1819. On peut aussi y trouver les vestiges d'une communauté de chasseurs de phoques datant du XIXe siècle.
2. Buts et objectifs
La gestion au cap Shirreff vise à :
- éviter toute détérioration ou tout risque considérable de détérioration des valeurs de la zone en empêchant toute perturbation humaine inutile ;
- éviter les activités qui porteraient atteinte ou nuiraient aux travaux de recherche et de surveillance du programme de contrôle de l'écosystème CEMP ;
- permettre des recherches scientifiques sur l'écosystème et l'environnement physique dans la zone, associées au CEMP ;
- permettre d'autres recherches scientifiques dans la zone sous réserve qu'elles soient dues à des motifs impérieux auxquels il n'est pas possible de répondre ailleurs et qu'elles ne portent aucun préjudice aux valeurs pour lesquelles la zone est protégée ;
- permettre des travaux de recherche archéologique et historique et prendre des mesures de protection des objets tout en protégeant les objets historiques présents dans la zone d'une destruction, d'une perturbation ou d'un retrait inutile ;
- réduire au minimum les risques d'introduction de plantes, d'animaux ou de microbes exotiques dans la zone ; et
- permettre des visites à des fins de gestion à l'appui des buts et objectifs du plan.
3. Activités de gestion
Les activités de gestion ci-après seront réalisées pour protéger les valeurs de la zone :
- Des copies de ce plan de gestion, y compris les cartes de la zone, seront mises à la disposition des intéressés aux endroits suivants :
1. installations d'hébergement au cap Shirreff ;
2. station Saint-Clément d'Ohrid (Bulgarie), péninsule Hurd, île Livingston ;
3. station Arturo Prat (Chili), baie de Discovery/baie du Chili, île Greenwich ;
4. base Juan Carlos I (Espagne), péninsule Hurd, île Livingston ;
5. station Julio Escudero (Chili), péninsule Fildes, île du roi George ; et
6. station Eduardo Frei (Chili), péninsule Fildes, île du roi George.
- Un panneau indiquant l'emplacement et les lignes de démarcation de la zone et donnant des explications claires et précises sur les restrictions imposées à l'entrée dans cette zone doit être placé à la plage El Módulo, cap Shirreff, pour éviter un accès fortuit.
- Les dispositifs de bornages, les panneaux et autres structures mis en place dans la zone à des fins scientifiques ou à des fins de gestion devront être solidement fixés et soigneusement entretenus.
- Les programmes antarctiques nationaux travaillant dans la zone devront tenir à jour un registre de tous les dispositifs de bornages, panneaux et structures nouvellement érigés à l'intérieur de la zone.
- Des visites seront organisées en fonction des besoins (au moins une fois tous les 5 ans) afin de déterminer si la zone répond toujours aux objectifs pour lesquels elle a été désignée et de s'assurer que les mesures de gestion et d'entretien sont adéquates.
- Les programmes antarctiques nationaux actifs dans la région devront se concerter afin de veiller à ce que les dispositions ci-dessus soient mises en œuvre.
4. Durée de la désignation
La zone est désignée pour une période indéterminée.
5. Cartes
Carte 1. - Le cap Shirreff et l'île San Telmo, ZSPA n° 149, par rapport à l'île Livingston, indiquant l'emplacement de la base Juan Carlos I (Espagne) et de la station Saint-Clément d'Ohrid (Bulgarie), ainsi que l'emplacement de la zone protégée la plus proche, péninsule Byers (ZSPA n° 126), également sur l'île Livingston. Spécifications de la carte : Projection : conique conforme de Lambert ; Parallèles types : 1er 60°00'S ; 2e 64°00'S ; Méridien central : 60°45'O ; Latitude d'origine : 62°00'S ; Sphéroïde : WGS84 ; Précision horizontale : < 200 m. L'intervalle des courbes bathymétriques est de 50 m et de 200 m. La précision verticale est inconnue. Sources des données : caractéristiques des sols de la base de données antarctiques du SCAR v6 (2012) ; bathymétrie fournie par le programme des Etats-Unis sur les ressources marines vivantes de l'Antarctique (U.S. AMLR), NOAA (2002) et IBCSO (v1.0 2013) ( http://ibcso.org).
Encart : emplacement de la carte 1 par rapport aux îles Shetland du Sud et à la péninsule antarctique.
Carte 2. - Le cap Shirreff et l'île San Telmo, ZSPA n° 149, lignes de démarcation de la zone protégée et modalités d'accès. Les spécifications de la carte sont identiques à celles de la carte 1, à l'exception de l'intervalle des courbes de niveau verticales qui est de 10 m. La précision horizontale devrait être supérieure à 5 m. Source de données : données numériques fournies par l'Institut antarctique chilien (INACH) (2002) (Torres et al., 2001), à l'exception du site d'accès pour petites embarcations fourni par M. Goebel (déc. 2015).
Carte 3. - Le cap Shirreff, ZSPA n°149 : faune et flore en phase de reproduction et caractéristiques anthropiques. Les spécifications et la source de données sont les mêmes que celles de la carte 2 à l'exception de l'équidistance des courbes de niveau verticales, qui est de 5 m. Station d'observation des otaries et SMH :
D. Krause (déc. 2015). Itinéraires de marche et faune : INACH, mis à jour par M. Goebel et D. Krause (déc. 2015).
6. Description de la zone
6 (i) Coordonnées géographiques, bornage et caractéristiques du milieu naturel
Limites et coordonnées
Le cap Shirreff (60°47'17” de longitude ouest, 62°27'30” de latitude sud) est situé sur la côte nord de l'île Livingston, la deuxième plus grande île des Shetland du Sud, entre la baie Barclay et la baie Hero (carte 1). Il se trouve à l'extrémité nord d'une péninsule libre de glace au relief vallonné de faible altitude. A l'ouest de cette péninsule, on trouve l'anse Shirreff, à l'est de pointe Black, tandis qu'au sud on trouve la calotte de glace permanente de l'île Livingston. La péninsule a une superficie de quelque 3,1 km2, s'étendant sur 2,6 km du nord au sud et sur 0,5 à 1,5 km d'est en ouest. L'intérieur de la péninsule comprend une série de plages surélevées ainsi que de collines arrondies et abruptes dont la plus élevée est Toqui (82 m) dans la partie centre-nord de la péninsule. La côte ouest est formée de falaises quasiment continues dont la hauteur varie entre 10 et 15 m tandis que la côte est comprend, elle, de vastes plages de sable et de gravier.
Un petit groupe d'îlots rocheux de faible altitude se trouve à environ 1 200 m à l'ouest de la péninsule du cap Shirreff, et constitue l'enveloppe occidentale de l'anse Shirreff. L'île San Telmo, la plus grande du groupe, est longue de 950 m et large jusqu'à 200 m, sa superficie atteignant quelque 0,1 km2. Il y a sur la côte sud-est de cette île une plage de sable et de galets, séparée d'une plage de sable au nord par deux falaises irrégulières et d'étroites plages de cailloux.
La zone désignée comprend la totalité de la péninsule du cap Shirreff au nord de la calotte de glace de l'île Livingston, le groupe d'îles San Telmo, ainsi que la zone marine environnante et intermédiaire (carte 2). Les lignes de démarcation renferment une zone marine qui s'étend sur 100 m à partir du littoral de la péninsule du cap Shirreff et du groupe d'îles San Telmo. Au nord, elles s'étendent de l'extrémité nord-ouest de la péninsule du cap Shirreff vers le sud-ouest sur 1,4 km jusqu'au groupe d'îles San Telmo, délimitant la mer environnante dans l'anse Shirreff. La ligne de démarcation ouest s'étend vers le sud sur 1,8 km à partir du point 62°28'de latitude sud jusqu'à une petite île au point 62°29' de latitude sud, contournant la rive occidentale de cette même petite île et poursuivant sur 1,2 km au sud-est du littoral de l'île Livingston au 62°29'30” de latitude sud, soit environ 300 m au sud de l'à-pic Mercury. De ce point sur la côte, la ligne de démarcation sud s'étend sur environ 300 m plein est jusqu'à point 60°49'de longitude ouest, où elle prend une direction nord-est parallèle à la côte sur environ 2 km jusqu'au bord de la calotte de glace au 60°47'de longitude ouest. La ligne de démarcation sud s'étend ensuite plein est sur 600 m jusqu'à la côte est. La ligne de démarcation marine orientale suit le littoral est à 100 m de la rive. Elle délimite une superficie de 9,7 km2 (carte 2).
Climat
Des scientifiques chiliens et américains ont collecté pendant plusieurs années des données météorologiques pour le cap Shirreff. Elles sont actuellement enregistrées à l'aide d'instruments placés sur les bâtiments de la station du cap Shirreff. Les données sur de récentes saisons estivales (nov. - févr. inclus, 2005-2006 à 2009- 2010) font état au cap Shirreff d'une température quotidienne moyenne de l'air de 1,84°C (données fournies par le programme U.S. AMLR, 2005-2010). La température de l'air maximale enregistrée au cours de cette période a été de 19,9°C et la minimale de - 8,1°C. La vitesse de vent moyenne a été de 5,36 m/s et la vitesse de vent maximale enregistrée a été de 20,1 m/s. La direction prédominante du vent pendant la période de collecte des données a été l'ouest, suivi par l'ouest-nord-ouest et l'est-nord-est. On dispose de données météorologiques pour deux hivers récents, faisant état d'une température quotidienne moyenne de l'air pour juin-août 2007 de - 6,7°C, avec une température minimale de - 20,6°C et une température maximale de + 0,9°C, ainsi que d'une température quotidienne moyenne de l'air pour juin-septembre 2009 de - 5,8°C, avec un minimum de - 15,2°C et un maximum de + 1,9°C.
Les précipitations enregistrées durant les saisons estivales (21 déc. - 24 févr., 1998-2001) ont varié entre 56 mm (sur 36 jours en 2000-2001) et 59,6 mm (sur 43 jours en 1998-1999) (Goebel et al., 2000, 2001). La péninsule est couverte de neige durant la majeure partie de l'année mais elle est d'ordinaire sans neige vers la fin de l'été.
Géologie, géomorphologie et sols
Le cap Shirreff se compose de laves porphyritiques basaltiques et d'intercalations mineures de brèche volcanique d'une épaisseur d'environ 450 m (Smellie et al., 1996). Les roches du cap Shirreff ont été déformées en plis ouverts d'orientation NO-SE, dont les surfaces axiales verticales sont pénétrées par de nombreux dykes. Un échantillon rocheux provenant de la partie sud du cap Shirreff a été identifié comme étant une roche fraîche de basalte à olivine composée d'environ 4 % d'olivine et 10 % de phénocristaux de plagioclase dans une pâte contenant du plagioclase, du clinopyroxène et de l'oxyde opaque. Les échantillons rocheux du cap Shirreff ont été datés par K-Ar au Crétacé supérieur, indiquant un âge minimum de 90,2 5,6 millions d'années (Smellie et al., 1996). Les séquences volcaniques du cap Shirreff font partie d'un groupe plus large de laves basaltiques et andésitiques relativement fraîches recouvrant la partie centrale orientale de l'île Livingston, qui présentent des caractéristiques similaires aux basaltes que l'on trouve sur la péninsule Byers.
La péninsule consiste essentiellement en une plate-forme marine surélevée, de 46 à 53 m au-dessus du niveau de la mer (Bonner et Smith, 1985). Le socle rocheux est largement couvert de roches érodées et de dépôts de glace. Deux plates-formes inférieures, couvertes de galets arrondis par l'action de l'eau, apparaissent à des altitudes d'environ 7 à 9 m et 12 à 15 m au-dessus du niveau de la mer (Hobbs, 1968).
On ne dispose que de peu d'informations sur les sols du cap Shirreff. Très poreux, ils se composent principalement de fines cendres et de scories. Les sols entretiennent une végétation éparse et ils sont enrichis par les colonies d'oiseaux et de phoques qui habitent la zone.
Paléontologie
Un spécimen en bois fossilisé appartenant à la famille des Araucariacées (Araucarioxylon sp.) a été découvert à cap Shirreff (Torres, 1993). Il est similaire aux fossiles qui ont été découverts sur la péninsule Byers (ZSPA n° 126), un site riche en flore et faune fossiles à 20 km au sud-ouest. Plusieurs spécimens fossiles ont également été découverts à l'extrémité nord de la péninsule du cap Shirreff. En 2001-2002, des roches fossilifères de deux époques différentes ont été découvertes dans des moraines frontales et latérales du glacier de l'île Livingston (carte 2). L'étude des palynomorphes retrouvés dans les moraines a identifié deux assemblages palynologiques distincts, arbitrairement surnommés " Type A " et " Type B " (Palma-Heldt et al., 2004, 2007). L'association " Type A " était dominée par des ptéridophytes, principalement des Cyatheaceae et des Gleicheniaceae, et par Podocarpidites spp. Elle contenait aussi des Myrtaceidites eugenioides et des spores fongiques épiphylles. Cet assemblage semble être représentatif des conditions chaudes et humides régnant au Crétacé inférieur (Palma-Heldt et al., 2007). L'assemblage " Type B " était caractérisé par une flore subantarctique contenant notamment Nothofagidites, Araucariacites australis, Podocarpidites otagoensis, P. marwickii, Proteacidites parvus et des spores fongiques épiphylles, indiquant un climat tempéré froid et humide (Palma-Heldt et al., 2007). On estime que cet assemblage remonte au Crétacé supérieur-Paléogène (Palma-Heldt et al., 2004 ; Leppe et al., 2003). Des travaux de recherche palynologique furent entrepris au cap Shirreff afin d'étudier l'évolution de la bordure sud pacifique du Gondwana et d'élaborer un modèle de l'évolution de la péninsule antarctique au Mésozoïque-Cénozoïque. On constate aussi qu'une nouvelle retraite de la calotte glaciaire de l'île de Livingston pourrait révéler d'autres fossiles (D. Torres, A. Aguayo et J. Acevedo, communication personnelle, 2010).
Cours d'eau et lacs
Il y a un lac permanent au cap Shirreff. Il se trouve au nord, au pied de la colline Toqui (carte 3). Le lac est profond d'environ 2 à 3 m et long de 12 m lorsqu'il est plein, son volume diminuant après février (Torres, 1995). Des bancs de mousse poussent sur les pentes environnantes. Il y a également sur la péninsule plusieurs étangs et cours d'eau éphémères, alimentés par la fonte de la neige, principalement en janvier et en février. Les plus grands de ces cours d'eau irriguent les versants sud-ouest en direction de la côte à la plage Yamana.
Végétation et invertébrés
Bien qu'aucune étude approfondie des communautés végétales n'y ait été faite, il semblerait que la végétation soit moins fournie au cap Shirreff qu'en de nombreux autres sites des îles Shetland du Sud. Les observations faites à ce jour ont permis de répertorier une espèce d'herbe, cinq de mousse, six de lichen, une de champignon et une de macroalgues nitrophiles (Torres, 1995).
Des nappes de canche antarctique (Deschampsia antarctica) se retrouvent dans certaines vallées, souvent auprès de mousses. Les mousses sont principalement situées à l'intérieur des terres. Une vallée orientée nord- ouest à partir de la plage Half Moon abrite un tapis humide très développé de mousse Warnstorfia laculosa (= Calliergidium austro-stramineum, aussi = Calliergon sarmentosum) (Bonner 1989, cité par Heap, 1994). Dans les zones où l'écoulement est plus fluide, se trouvent Sanionia uncinata (= Drepanocladus uncinatus) et Polytrichastrum alpinum (= Polytrichum alpinum). Les zones de plage surélevées et certains plateaux plus élevés abritent d'importantes concentrations de la macroalgue verte nitrophile Prasiola crispa, qui est caractéristique des zones enrichies par les excréments d'animaux et remplace, selon les observations effectuées, les associations mousse-lichen endommagées par les otaries à fourrure de l'Antarctique (Bonner 1989, cité par Heap, 1994).
Les six espèces de lichen décrites jusqu'ici au cap Shirreff sont Caloplaca spp, Umbilicaria antarctica, Usnea antarctica, U. fasciata, Xanthoria candelaria et X. elegans. Les espèces fruticuleuses Umbilicaria antarctica, Usnea antarctica et U. fasciata forment des concentrations denses sur les flancs de falaise et sur les rochers abrupts (Bonner 1989, cité par Heap 1994). On trouve couramment des lichens crustacés jaune-orange clair Caloplaca spp, Xanthoria candelaria et X. elegans sous les colonies d'oiseaux et aux côtés des espèces fruticuleuses. On ignore l'identité de la seule espèce fongique répertoriée.
La faune invertébrée au cap Shirreff n'a pas été décrite.
Ecologie microbienne
Des études de terrain sur l'écologie microbienne du cap Shirreff ont été réalisées sur la période du 11 au 21 janvier 2010. Les résultats obtenus ont été comparés aux communautés bactériennes que l'on trouve sur la péninsule Fildes, île du roi George. Le but de l'étude était d'évaluer l'influence des divers microhabitats sur la biodiversité et les capacités métaboliques des communautés bactériennes du cap Shirreff et de la péninsule Fildes (INACH, 2010).
Oiseaux en phase de reproduction
La faune avienne du cap Shirreff est très diverse, dix espèces étant connues pour se reproduire à l'intérieur de la zone. Plusieurs espèces qui elles ne se reproduisent pas y sont également présentes. Les manchots à jugulaire (Pygoscelis antarctica) et les manchots papous (P. papua) se reproduisent dans la zone ; on n'a pas vu de manchots Adélie (P. adeliae) se reproduire au cap Shirreff ou sur l'île San Telmo bien qu'on en trouve un peu partout dans la région. On trouve de petites colonies de manchots à jugulaire et de manchots papous sur les côtes nord-est et nord-ouest de la péninsule du cap Shirreff (carte 3). Des données sur les colonies de manchots à jugulaire et de manchots papous ont été recueillies à chaque saison estivale depuis 1996-1997. Ces données se rapportent notamment au succès de reproduction, à la démographie, à l'alimentation, aux comportements de plongée et aux comportements alimentaires (par ex. Hinke et al., 2007 ; Pietrzak et al., 2009 ; Polito et al., 2015). Pendant la saison estivale 2009-2010, les manchots à jugulaire et les manchots papous du cap Shirreff ont été munis d'émetteurs satellites afin de pouvoir étudier leur comportement hivernal.
Le tableau 1 présente les données relatives au nombre de manchots. En 2015-2016, le cap Shirreff comptait 19 colonies en phase de reproduction, pour un total de 655 nids de manchots papous et 3 302 nids de manchots à jugulaire (U.S AMLR, données non publiées), bien que le nombre de sous-colonies et leur composition présentent des variations d'une année à l'autre. Entre la fin des années 1990 et 2004, le nombre de manchots à jugulaire au cap Shirreff a considérablement diminué, alors qu'il n'y a eu aucune tendance perceptible chez les manchots papous (Hinke et al., 2007). La tendance à la baisse des manchots à jugulaire a persisté, et en 2007-2008 le dénombrement de nids des deux espèces de manchots a obtenu les plus faibles résultats depuis 11 ans, en raison des mauvaises conditions météorologiques (Chisholm et al., 2008 ; Miller et Trivelpiece, 2008). En 2008-2009 la population et la bonne reproduction des manchots papous et des manchots à jugulaire du cap Shirreff ont connu une forte croissance par rapport à l'année antérieure, mais le nombre de nids de manchots à jugulaire était encore inférieur de 30 % à la moyenne du site (Pietrzak et al., 2009). On attribue la différence entre les tendances marquant les populations de manchots à jugulaire et de manchots papous au taux de mortalité juvénile hivernal plus élevé chez les manchots à jugulaire (Hinke et al., 2007) et à une plus grande adaptabilité des manchots papous dans leur régime alimentaire (Miller et al., 2009).
En général, les manchots à jugulaire font leur nid sur des escarpements plus élevés mais on en trouve également qui se reproduisent sur de petits promontoires à proximité du littoral. Quant aux manchots papous, ils tendent à se reproduire sur des pentes plus douces et des promontoires arrondis. Pendant la période d'élevage des poussins, la recherche alimentaire chez les deux espèces de manchots se cantonne aux eaux du plateau continental, à environ 20 à 30 km au large des côtes du cap Shirreff (Miller et Trivelpiece, 2007). Pendant les saisons 2010-2011 et 2012-2013, des véhicules aériens sans pilotes ont été mis à l'essai afin de déterminer leur utilité dans le cadre de l'estimation de l'abondance des manchots (Goebel et al., 2015).
Plusieurs autres espèces se reproduisent à l'intérieur de la zone (carte 3), encore que les données obtenues sur leur nombre soient inégales. Les goélands dominicains (Larus dominicanus) et les labbes bruns (Catharacta antarctica) nichent en abondance tout le long du littoral de la zone. En 2000, on dénombrait respectivement 25 et 22 couples en phase de reproduction (U.S AMLR, communication personnelle, 2000). En 2007-2008, 24 couples de labbes ont été identifiés au cap Shirreff et à proximité de Mercury Bluff, dont 23 étaient des labbes bruns (Catharacta antarctica) ; l'autre couple était un hybride de labbe brun-labbe de l'Antarctique (C. maccormicki). Cinquante-six nids de goélands dominicains ont été relevés au cap Shirreff au cours de la saison 2006-2007. Lors des dernières saisons estivales, le succès de reproduction des labbes et des goélands dominicains a fait l'objet d'une surveillance régulière aux sites de nidification du cap Shirreff (Chisholm et al., 2008 ; Pietrzak et al., 2009).
Les chionis blancs (Chionis alba) nichent en deux endroits : un couple a été observé nichant sur la côte ouest de la péninsule du cap Shirreff ; un second couple a été observé se reproduisant parmi des rochers sur la plage nord de l'île San Telmo, à proximité d'un site de reproduction d'otaries à fourrure de l'Antarctique (Daniel Torres, communication personnelle, 2002). Des sternes antarctiques (Sterna vittata) se reproduisent en plusieurs endroits, qui, selon les observations, varient d'une année sur l'autre. Depuis 1990-1991, une petite colonie d'environ 11 couples de cormorans antarctiques (Phalacrocorax [atriceps] bransfieldensis) a été observée qui se reproduisait sur Yeco Rocks, sur la côte ouest de la péninsule (Torres, 1995). Des damiers du cap (Daption capense) se reproduisent sur des falaises sur la côte ouest de la zone ; 14 couples y ont été recensés en janvier 1993, neuf en janvier 1994, trois en janvier 1995 et huit en 1999. Des océanites de Wilson (Oceanites oceanicus) se reproduisent également sur la côte ouest de la zone. Des pétrels à ventre noir (Fregetta tropica) ont été observés en phase de reproduction près du camp sur la côte est. Un grand nombre de pétrels géants (Macronectes giganteus) fréquentent la zone en été mais le repérage d'une colonie en phase de reproduction sur la péninsule (Bonner 1989, cité par Heap 1994) était une erreur (Daniel Torres, communication personnelle, 2002). Parmi les autres espèces d'oiseaux recensés mais ne se reproduisant pas dans la zone figurent les manchots macaroni (Eudyptes chrysolophus), les manchots royaux (Aptenodytes patagonicus), les manchots empereurs (Aptenodytes forsteri), les pétrels des neiges (Pagadroma nivea), les bécasseaux à croupion blanc (Calidris fuscicollis), les cygnes à cou noir (Cygnus melanocorypha) et le héron Bubulcus ibis (Torres, 1995 ; Olavarría et al., 1999). Les autres espèces d'oiseaux recensés alors qu'ils étaient à la recherche de nourriture près du cap Shirreff étaient les albatros à sourcils noirs (Thalassarche melanophris) et les albatros à tête grise (T. chrysostoma), alors que ces espèces n'avaient pas encore été recensées dans la zone (Cox et al., 2009).
Tableau 1 : Nombre de manchots à jugulaire (Pygoscelis antarctica) et papous (P. papua) au cap Shirreff :
Année | À jugulaire (couples) | Papous (couples) | Source |
---|---|---|---|
1958 | 2000 (N31) | 200-500 (N11) | Croxall et Kirkwood, 1979 |
1981 | 2164 (A4) | 843 (A4) | Sallaberry et Schlatter, 19832 |
1987 | 5200 (A3) | 300 (N4) | Woehler, 1993 |
1997 | 6907 (N1) | 682 (N1) | Hucke-Gaete et al. 1997a |
1999/2000 | 7744 (N1) | 922 (N1) | Données U.S. AMLR, Carten et al. 2001 |
2000/2001 | 7212 (N1) | 1043 (N1) | Données U.S. AMLR, Taft et al. 2001 |
2001/2002 | 6606 | 907 | Données U.S. AMLR, Saxer et al. 2003 |
2002/2003 | 5868 (A3) | 778 (A3) | Données U.S. AMLR, Shill et al. 2003 |
2003/2004 | 5636 (N1) | 751 (N1) | Données U.S. AMLR, Antolos et al., 2004 |
2004/2005 | 4907 (N1) | 818 (N1) | Données U.S. AMLR, Miller et al. 2005 |
2005/2006 | 4849 (N1) | 807 (N1) | Données U.S. AMLR, Leung et al. 2006 |
2006/2007 | 4544 (N1) | 781 (N1) | Données U.S. AMLR, Orben et al. 2007 |
2007/2008 | 3032 (N1) | 610 (N1) | Données U.S. AMLR, Chisholm et al.., 2008 |
2008/2009 | 4026 (N1) | 879 (N1) | Données U.S. AMLR, Pietrzak et al. 2009 |
2009/2010 | 4339 (N1) | 802 (N1) | Données U.S. AMLR, Pietrzak et al. 2011 |
2010/2011 | 4127 (N1) | 834 (N1) | Données U.S. AMLR, Mudge et al. 2014 |
2011/2012 | 4100 (N1) | 829 (N1) | U.S. AMLR, données non publiées |
2012/2013 | 4200 (N1) | 853 (N1) | U.S. AMLR, données non publiées |
2013/2014 | 3582 (N1) | 839 (N1) | U.S. AMLR, données non publiées |
2014/2015 | 3464 (N1) | 721 (N1) | U.S. AMLR, données non publiées |
2015/2016 | 3302 (N1) | 655 (N1) | U.S. AMLR, données non publiées |
(1) Le code alphanumérique s'entend du type de recensement, comme dans Woehler (1993). (2) Les données déclarées ne précisaient pas l'espèce. On a supposé que le nombre plus élevé se référait aux manchots à jugulaire. |
Les données portaient sur des individus dont le total a été divisé par deux pour obtenir les " couples " dans le tableau.
Animaux en phase de reproduction
Le cap Shirreff et l'île San Telmo forment de nos jours le site de la plus grande colonie d'otaries à fourrure de l'Antarctique (Arctocephalus gazella) en phase de reproduction que l'on connaisse dans la région de la péninsule antarctique. Jadis, ces otaries se trouvaient partout en nombre dans les îles Shetland du Sud mais, entre 1820 et 1824, les chasseurs ont entraîné leur extinction à l'échelle locale. Il fallut attendre le 14 janvier 1958 pour que des otaries à fourrure de l'Antarctique soient à nouveau aperçues au cap Shirreff, avec 27 individus répertoriés, dont sept jeunes (Tufft, 1958). L'année suivante, le 31 janvier 1959, un groupe de sept adultes mâles, une femelle et un bébé mâle a été observé, avec un bébé mâle sans vie (O'Gorman, 1961). Une deuxième femelle est arrivée trois jours plus tard et, à la mi-mars, 32 otaries à fourrure de l'Antarctique étaient présentes. En 2002, la population d'otaries à fourrure de l'Antarctique au cap Shirreff (à l'exclusion de l'île San Telmo) était estimée avoir atteint 14 842 individus (dont 6 453 petits), alors que la population totale (y compris celle de l'île San Telmo) s'élevait à 21 190 otaries (dont 8 577 petits) (Hucke-Gaete et al., 2004). Des données de recensement plus récentes sur les otaries à fourrure de l'Antarctique n'ont pas encore été publiées. Il est cependant clair que le nombre d'otaries à fourrure de l'Antarctique recensé actuellement au cap Shirreff est d'un ordre de grandeur inférieur à celui des populations présentes avant leur exploitation, et l'on ignore encore si la population retrouvera son niveau antérieur (Hucke-Gaete et al. 2004).
Les sites de reproduction des otaries à fourrure de l'Antarctique au cap Shirreff sont concentrés autour du littoral de la moitié nord de la péninsule (carte 3). A l'île San Telmo, la reproduction est concentrée aux deux extrémités, les jeunes se trouvant normalement près du milieu de l'île (Torres, 1995). Un programme de surveillance à long terme des otaries à fourrure de l'Antarctique a été mis en place au cap Shirreff depuis 1991, avec pour objectif principal l'étude du succès reproductif par rapport à la disponibilité des proies, à la variabilité de l'environnement et aux impacts d'origine anthropique (Osman et al., 2004). Des chercheurs ont étudié divers aspects de la colonie d'otaries à fourrure, notamment la reproduction, la prédation et la croissance, les soins maternels, l'alimentation des phoques, la plongée et la recherche de nourriture (Goebel et al., 2014). Des analyses génétiques visant à étudier la recolonisation du cap Shirreff par des otaries à fourrure de l'Antarctique provenant de la population présumée d'otaries des îles Géorgie du Sud ont été réalisées. Il en résulte de très importantes différences génétiques, ce qui indique que même des populations relictuelles peuvent se recréer sans perte aucune du point de vue de la diversité génétique (Bonin et al., 2013). La colonie d'otaries à fourrure de l'Antarctique du cap Shirreff a également été mise à profit pour l'étude des analyses génétiques effectuées sur les petits jumeaux, très rares parmi les pinnipèdes (Bonin et al., 2012).
Pendant la saison 2010-2011, le programme U.S AMLR a relevé une diminution du taux de reproduction de 14 % par rapport à la saison estivale précédente (Goebel et al., 2014). Le taux de reproduction au cap Shirreff était particulièrement faible pour les saisons 2007-2008, 2008-2009, 2009-2010 et 2010-2011, toutes affichant un recul à deux chiffres, très probablement en raison de conditions hivernales peu propices et de changements démographiques marqués par l'augmentation du nombre de femelles âgées, menant ainsi à des taux de reproduction plus faibles et une plus grande mortalité (Goebel et al., 2008, 2009, 2011, 2014). Durant les dernières saisons, des études ont été menées dans la zone sur le taux de croissance des bébés otaries à fourrure en fonction du sexe, de la saison de reproduction, de l'aire alimentaire des mères et des soins maternels (Vargas et al., 2009 ; McDonald et al., 2012a, 2012b). Des études en matière de dynamique des populations ont également été réalisées, dont les résultats indiquent que sans l'impact négatif de la prédation, la population des otaries à fourrure de l'Antarctique augmenterait vraisemblablement, et ce malgré les effets positifs du changement climatique (Schwarz et al., 2013).
Un petit nombre d'éléphants de mer se reproduisent en octobre sur des plages situées au sud (U.S. AMLR, communication personnelle, 2000 ; Daniel Torres, communication personnelle, 2002). Le 2 novembre 1999, 34 bébés ont été dénombrés sur des plages au sud de la colline Condor (U.S. AMLR, données non publiées). Pendant la saison 2008-2009, un total de 40 bébés éléphants de mer sont nés à proximité du cap Shirreff (Goebel et al., 2009). Pendant la saison 2010-2011, 31 bébés éléphants de mer sont nés au total au cap Shirreff (Goebel et al., 2014).
On trouve également sur l'île des groupes d'éléphants de mer qui ne se reproduisent pas ainsi que des animaux isolés, principalement des jeunes, sur diverses plages. Le nombre maximum d'éléphants de mer répertoriés au cap Shirreff au cours de la saison 2010-2011 s'élevait à 221 individus (Goebel et al., 2014). Le comportement de recherche alimentaire des éléphants de mer a été étudié grâce au repérage par satellite des animaux marqués au cap Shirreff, et a été analysé par rapport aux caractéristiques physiques de la colonne d'eau (Huckstadt et al., 2006 ; Goebel et al., 2009). On a découvert que les phoques vont rechercher leur nourriture jusque dans la mer d'Amundsen, et un phoque solitaire a même été observé à 4 700 km à l'ouest de la péninsule antarctique.
Des phoques de Weddell, des léopards de mer et des phoques mangeurs de crabes, qui ne se reproduisent pas, ont été aperçus sur la péninsule du cap Shirreff et font l'objet de programmes de surveillance (O'Gorman 1961 ; Bengtson et al., 1990, Oliva et al., 1988 ; Torres 1995 ; Goebel, communication personnelle, 2015). Tout au long de la saison 2010-2011 ne furent jamais recensés plus de 48 phoques de Weddell, 19 léopards de mer et 2 phoques mangeurs de crabes (Goebel et al., 2014). La surveillance des effets de prédation des léopards de mer sur la population de bébés otaries à fourrure de l'Antarctique a commencé en 2001-2002 et a été consignée durant la campagne antarctique 2003-2004 (Vera et al., 2004). Alors qu'ils occupaient leurs sites de reproduction du cap Shirreff, on a muni les léopards de mer de caméras haute résolution, de GPS et d'enregistreurs de profondeur-temps afin d'observer leur rayon de prospection alimentaire et leurs stratégies de chasse (Krause et al., 2015). D'après les observations existant sur le comportement des léopards de mer et selon des études sur la survie des bébés otaries, il semble qu'ils consomment chaque année près de la moitié des bébés otaries à fourrure de l'Antarctique nés dans la zone (Goebel et al., 2008, 2009). Outre les bébés otaries à fourrure et manchots, il est apparu que les léopards de mer se nourrissaient également de deux espèces de poissons démersaux (Gobionotothen gibberifrons et Notothenia coriiceps) ainsi que de carcasses d'otaries à fourrure et de manchots adultes (Krause et al., sous presse) Des échantillons d'ADN sont régulièrement prélevés sur quatre espèces différentes d'otaries du cap Shirreff, et sont conservés dans les archives ADN du Southwest Fisheries Science Center (Goebel et al., 2009). Pendant les saisons estivales 2009-2010, 2010-2011, 2011-2012 et 2014-2015, les chercheurs ont marqué des otaries à fourrure de l'Antarctique par le biais d'étiquettes, de même que des phoques de Weddell et des léopards de mer, afin de surveiller leur comportement pendant la période hivernale (Goebel et al., 2014). Des études réalisées au moyen de véhicules aériens sans pilote ont été effectuées en 2010-2011 et 2012-2013, qui se sont révélées efficaces pour estimer l'abondance et la taille de ces mammifères (Goebel et al., 2015).
Des variations de couleurs extrêmement rares ont été observées dans la zone chez les bébés otaries à fourrure. Des otaries à fourrure de l'Antarctique pies ou de couleur claire ont été recensées pour la première fois, et un phoque de Wedell a été le premier cas confirmé d'albinisme chez les phoques de Weddell, les léopards de mer, les phoques de Ross ou les phoques mangeurs de crabes (Acevedo et al., 2009a, 2009b). En décembre 2005, une otarie à fourrure subantarctique adulte mâle a été aperçue parmi les otaries à fourrure de l'Antarctique du cap Shirreff, soit à une distance de plus de 4 000 km de la plus proche colonie reproductrice d'otaries à fourrure subantarctiques (Torres et al., 2012).
Des baleines à bosse (Megaptera novaeangliae) ont été aperçues dans la région côtière située juste au nord-est de la zone (Cox et al., 2009).
Milieu et écosystème marin
Les fonds marins qui entourent la péninsule du cap Shirreff présentent une inclinaison progressive à partir de la côte pour atteindre des profondeurs de 50 m à 2 à 3 km environ du littoral et de 100 m à environ 6 à 11 km (carte 1). Cette crête sous-marine relativement peu profonde et large s'étend vers le nord-ouest sur environ 24 km avant de plonger plus profondément au bord du plateau continental. La crête est large d'environ 20 km et bordée, de part et d'autre, de canyons qui atteignent des profondeurs allant de 300 à 400 m. Des macroalgues sont présentes en abondance dans l'estran. La patelle Nacella concinna y est courante, comme ailleurs dans les îles Shetland du Sud.
Les eaux au large du cap Shirreff ont été identifiées comme l'une des trois zones de la région des îles Shetland du Sud où la densité de biomasse du krill est toujours élevée, en dépit de variations importantes dans le temps des populations de krill en chiffres absolus (Hewitt et al., 2004 ; Reiss et al., 2008). Des études sur la répartition spatiale, la démographie, la densité et la taille du krill et des essaims de krill ont été menées dans la région côtière du cap Shirreff, se servant principalement de relevés acoustiques, mais aussi de véhicules sous- marins autonomes (AUV) (Reiss et al., 2008 ; Warren et al., 2005). Les relevés acoustiques des eaux côtières indiquent que l'abondance du krill la plus élevée se trouve dans la zone située au sud et au sud-est du cap Shirreff, ainsi qu'en bordure des deux canyons sous-marins, qui sont apparemment une source d'eaux riches en nutriments, augmentant à leur tour la productivité des zones côtières entourant le cap Shirreff (Warren et al., 2006, 2007). Des traits de filets effectués dans les eaux côtières indiquent que les organismes identifiés par les relevés acoustiques étaient principalement des euphausides Euphausia superba, Thysanoessa macrura et Euphausia frigida, et qu'il pouvait aussi y avoir des chaetognathes, des salpes, des siphonophores, des larves de poissons, des myctophidés et des amphipodes (Warren et al., 2007).
Il a été établi que les eaux proches de la côte du cap Shirreff représentent l'aire d'alimentation principale des manchots présents dans la zone, surtout lors de la saison de reproduction, durant laquelle le besoin d'approvisionner les poussins impose un rayon de prospection alimentaire limité (Cox et al., 2009). Les otaries à fourrure et les manchots du cap Shirreff dépendent en grande partie du krill pour se nourrir. On sait qu'il existe un chevauchement entre les aires d'alimentation des prédateurs et les zones de pêche commerciale du krill et que les variations d'abondance des prédateurs et du krill ont été liées aux changements climatiques. Les recherches réalisées au cap Shirreff ont donc pour but la surveillance à la fois de l'abondance du krill et des populations de prédateurs et de leur succès de reproduction, aux fins d'évaluer les effets potentiels de la pêche commerciale ainsi que les effets de la variabilité environnementale et des changements climatiques sur l'écosystème.
De nombreuses études sur l'environnement marin ont été effectuées dans les eaux côtières du cap Shirreff dans le cadre des recherches menées dans la grille d'échantillonnage de l'U.S AMLR. Ces études interrogent divers aspects de l'environnement marin, notamment l'océanographie physique, les conditions environnementales, la répartition et la productivité du phytoplancton, la répartition et la biomasse du krill ainsi que la répartition et la densité des oiseaux de mer et des mammifères marins (U.S AMLR 2008, 2009).
Caractéristiques historiques
Après la découverte en 1819 des îles Shetland du Sud, de grandes expéditions de chasse au phoque entre 1820 et 1824 au cap Shirreff avaient entraîné l'extermination de la quasi-totalité des otaries à fourrure de l'Antarctique et des éléphants de mer (Smith et Simpson, 1987). En janvier 1821, de 60 à 75 chasseurs de phoque britanniques auraient vécu à terre au cap Shirreff et 95 000 peaux auraient été prises durant la campagne 1821/1822 (O'Gorman, 1963). Il existe encore des témoins de l'occupation de ces chasseurs, notamment les vestiges d'au moins une cabane dans le nord-ouest de la péninsule et les traces de leurs campements sur plusieurs plages (D. Torres, A. Aquayo et J. Acevedo, communication personnelle, 2010). En outre, le littoral de plusieurs baies est jonché de bois et de morceaux d'épaves des bateaux utilisés pour la chasse au phoque. Au nombre des autres éléments qui prouvent qu'ont eu lieu des activités de chasse au phoque figurent les restes de fourneaux, des morceaux de bouteilles en verre, un harpon en bois et une figure en os sculptée à la main. (Torres et Aguayo, 1993). Fildes (1821) a relaté que des chasseurs au phoque avaient découvert sur la plage Half Moon un jas d'ancre et un gréement du navire espagnol San Telmo à peu près à l'époque où le navire avait fait naufrage. Il avait coulé le 4 septembre 1819 dans le passage Drake à environ 62° de latitude sud, avec 644 personnes à bord (Headland, 1989 ; Pinochet de la Barra, 1991). Ce sont vraisemblablement les premières personnes qui ont péri dans l'Antarctique et ce naufrage demeure la plus grande perte de vies humaines qui ait jamais eu lieu au sud du 60°de latitude sud. Un cairn a été érigé sur la côte nord-ouest de la péninsule du cap Shirreff pour commémorer cette disparition, cairn qui a été désigné comme le monument historique n°59 (carte 3).
Les vestiges d'un camp ont été découverts à proximité de l'emplacement actuel du campement (Torres et Aguayo, 1993). Si l'on en croit les écrits figurant sur les objets découverts sur place, le camp serait d'origine russe et daterait des années 1940-1950, mais ses origines précises restent à déterminer. Au nombre des objets découverts figurent des morceaux d'une antenne, des fils électriques, des outils, des bottes, des clous, des piles, des aliments en conserve, des munitions et une boîte en bois couverte d'une pyramide de pierres. Plusieurs notes en russe, qui datent de visites ultérieures, ont été découvertes dans cette boîte (Torres, 2007).
En janvier 1985, on a découvert à la plage Yamana (Torres, 1992) un crâne qui serait celui d'une jeune femme (Constantinescu et Torres, 1995). En janvier 1987, on a découvert à la surface du sol tout près de cet endroit, à l'intérieur des terres, un fragment de fémur humain. Après un examen minutieux des lieux, aucun autre reste n'a été découvert à l'époque. En janvier 1991, cependant, une autre partie de fémur a été découverte à proximité du site de la découverte antérieure (1987). En janvier 1993, une étude archéologique a été réalisée dans la zone, mais aucun nouveau reste humain n'a été découvert. Selon les analyses de datation, les premiers échantillons seraient vieux d'environ 175 ans, et on a supposé qu'ils appartenaient à un seul et même individu (Torres, 1999).
Activités et impacts humains
L'époque moderne des activités humaines au cap Shirreff s'est dans une large mesure limitée à la science. Au cours des trente dernières années, la population d'otaries à fourrure de l'Antarctique dans les îles Shetland du Sud est passée à un niveau tel que les travaux de marquage et autres travaux de recherche ont pu être effectués sans mettre en péril l'existence et la croissance de la population locale. Les études chiliennes sur le cap Shirreff ont commencé en 1965 (Aguayo et Torres, 1966, 1967), un programme plus intensif ayant été entrepris en 1982 par des scientifiques chiliens, notamment un programme de marquage des otaries à fourrure de l'Antarctique toujours en cours (Cattan et al., 1982 ; Torres, 1984 ; Oliva et al., 1987). Des chercheurs américains se livrent depuis 1986-1987 à des études sur les pinnipèdes et les oiseaux de mer au cap Shirreff et à l'île San Telmo (Bengtson et al., 1990).
Les études du programme de contrôle de l'écosystème (CEMP) au cap Shirreff ont commencé au milieu des années 1980, lancées par des scientifiques chiliens et américains. Le cap Shirreff a été désigné en 1994 comme un site du CEMP afin de le protéger des dommages ou des perturbations qui risqueraient d'avoir des effets négatifs à long terme sur le suivi du CEMP. Dans le cadre du CEMP, des études de long terme ont pour but d'évaluer et de surveiller l'écologie d'alimentation, la croissance et l'état, le succès en matière de reproduction, le comportement, les taux démographiques et l'abondance des pinnipèdes et des oiseaux de mer qui se reproduisent dans la zone. Les résultats de ces études seront comparés aux données environnementales, aux données d'échantillonnage en haute mer et aux données statistiques sur la pêche en vue d'identifier la possible relation de cause à effet entre les pêcheries de krill et les populations de pinnipèdes et d'oiseaux de mer.
Des anticorps de Brucella et du virus de l'herpès ont été détectés dans des échantillons de tissu prélevés durant les saisons estivales de 1998 à 2001 au cap Shirreff sur des otaries à fourrure de l'Antarctique, et des anticorps de Brucella ont également été détectés dans des tissus de phoques de Weddell (Blank et al, 1999 ; Blank et al., 2001 a et b). Les études sur la mortalité de bébés otaries à fourrure de l'Antarctique imputable à des maladies ont commencé durant la campagne antarctique 2003-2004 (Torres et Valdenegro, 2004). La bactérie entérophathogène Escherichia coli (EPEC) a été identifiée dans des frottis prélevés sur des otaries à fourrure de l'Antarctique au cap Shirreff, et deux des 33 bébés échantillonnés ont été testé positif pour ce pathogène. Ces résultats représentent les premiers cas d'EPEC relevés dans la faune antarctique et chez les pinnipèdes, et l'on ignore encore les effets que pourrait avoir ce pathogène sur la faune de l'Antarctique. (Hernandez et al., 2007).
Des déchets en plastique ont été pour la première fois signalés au cap Shirreff par Torres et Gajardo (1985) tandis que des études de surveillance des débris marins ont été réalisées à intervalles réguliers depuis 1992 (Torres et Jorquera, 1995). Le problème des débris persiste sur ce site, et les chercheurs chiliens ont à ce jour évacué plus de 1,5 tonne de déchets ramassés dans la zone (D. Torres, A. Aquayo et J. Acevedo, communication personnelle, 2010). De récentes études ont fait état de la présence dans la zone d'un grand nombre d'objets, la plupart en plastique, mais aussi de déchets végétaux provenant de navires, de bidons à huile en métal, de cartouches de fusil et d'une antenne. C'est ainsi, par exemple, qu'ont été ramassés pendant la campagne 2000-2001, 1 774 objets dont près de 98 % étaient en matière plastique ; les objets restants étant en verre, en métal et en papier. Il est intéressant de noter que 34 % des objets en matière plastique trouvés en 2000-2001 étaient des sangles d'emballage, environ 589 au total, dont 40 n'avaient pas été coupées et 48 avaient été nouées sous la forme d'une boucle. Plusieurs des objets trouvés étaient huilés et quelques objets en plastique étaient partiellement brûlés. L'enchevêtrement d'otaries à fourrure de l'Antarctique dans des débris marins a fréquemment été signalé au cap Shirreff (Torres, 1990 ; Hucke-Gaete et al., 1997c ; Goebel et al., 2008, 2009), principalement dans du matériel de pêche tel que des cordes en nylon, des fragments de filet de pêche et des sangles d'emballage. Entre 1987 et 1997, un total de 20 otaries à fourrure de l'Antarctique portant des colliers de débris ont été recensées. On a également trouvé des fibres en matière plastique dans des nids de goélands dominicains et de manchots à jugulaire (Torres et Jorquera, 1992) ainsi que dans ceux de chionis (Torres et Jorquera, 1994).
Les eaux baignant le cap Shirreff représentent une zone importante pour la pêche commerciale du krill. Il n'existe pas encore de données sur l'effort de pêche au cap Shirreff en particulier, mais il existe des statistiques de pêche publiées pour la sous-zone statistique 48.1 de la CCAMLR, dont fait partie la zone. En 2008-2009, 33 970 tonnes de krill antarctique (Euphausia superba) ont été pêchées dans la sous-zone 48.1, contre une moyenne annuelle de 32 993 tonnes durant la période allant de 1999-2000 à 2008-2009 (CCAMLR 2010). Le 10 octobre 2010, la pêcherie de krill de la sous-zone 48.1 fut fermée pour le reste de la saison de pêche 2009-2010 (1er décembre 2009-30 novembre 2010), parce que le niveau des captures avait atteint 99,9 % de la limite annuelle établie pour la sous-zone (155 000 tonnes). Pendant les saisons 2012-2013, 2013-2014 et 2014-2015 (données provisoires), 153 830, 146 191 et 153 946 tonnes de krill furent respectivement pêchées, et la saison de pêche fut fermée lors de chacune de ces saisons en raison des limites de captures (CCAMLR 2015, 2015b). Les nations pêcheuses de krill récemment enregistrées dans la sous-zone comprennent l'Allemagne, le Chili, la Chine, la Corée, les Etats-Unis, le Japon, la Norvège, la Pologne, l'Ukraine, l'Uruguay et le Vanuatu. La pêche du krill a généralement lieu de décembre à août, les niveaux de captures les plus élevés étant normalement entre mars et mai. Le niveau de capture des autres espèces a été bien plus faible, notamment pour les espèces Champsocephalus gunnari, Champsocephalus gunnari, Nototheniops nybelini, Notothenia coriiceps, Notolepis spp, Notothenia gibberifrons, Notothenia neglecta, Notothenia rossii, Pseudochaenichthys georgianus et Chaenocephalus aceratus (CCAMLR 2010).
6 (ii) Accès à la zone
L'accès à la zone peut se faire au moyen d'une petite embarcation, d'un aéronef, d'un véhicule sur la glace de mer ou à pied. Historiquement, le cycle saisonnier de formation de glace de mer dans la zone des îles Shetland Sud commence au début du mois d'avril, et la glace de mer persiste jusqu'au début du mois de décembre, quoique plus récemment les îles Shetland du Sud restent parfois libres de glace toute l'année en raison du réchauffement régional.
L'accès par voie aérienne est déconseillé et des restrictions relatives aux itinéraires et aux zones d'atterrissage s'appliquent du 1er novembre au 31 mars inclus. Les détails liés à ces restrictions figurent au point 7 (ii) ci- dessous. Quant aux zones d'accès par hélicoptère, elles sont indiquées au point 6 (v).
Deux postes de mouillage ont été identifiés à proximité de la zone (carte 2) et lorsque l'accès à la zone se fait par la mer, les petites embarcations doivent mouiller à l'un des endroits indiqués au point 7 (ii). La houle oscille généralement entre 1 et 4 m, diminuant en direction de la côte et sous le vent du cap Shirreff (Warren et al., 2006, 2007).
Dans la mesure où les conditions de la glace de mer le permettent, l'accès à la zone doit se faire à pied ou au moyen d'un véhicule. Cependant, les véhicules peuvent être utilisés à terre uniquement dans la zone côtière entre la plage El Módulo et les installations de campement américaines et chiliennes. Afin de réapprovisionner le point d'observation ornithologique/refuge d'urgence, il convient de suivre les chemins d'accès répertoriés sur la carte 3 (cf. point 7 (ii) pour de plus amples détails).
6 (iii) Emplacement des structures à l'intérieur de la zone et adjacentes à elle
Un camp de recherche semi-permanent mais ouvert l'été seulement a été installé sur la côte est de la péninsule du cap Shirreff ; il se trouve au pied de la colline Condor (62°28.249'de latitude sud, 60°46'.283' de longitude ouest) (carte 3). Les bâtiments du camp demeurent sur place toute l'année. En 2015, le camp portant le nom de " Cape Shirreff Field Station " (Etats-Unis) se composait de quatre petites constructions et de latrines (Krause, communication personnelle, 2015). Le camp " Dr Guillermo Mann-Fischer " (Chili) est situé à environ 50 m de la station américaine et comprend une cabine principale, un laboratoire, une construction pour le stockage, un igloo en fibre de verre, des latrines et une génératrice éolienne (D. Torres, A. Aquayo et J. Acevedo, communication personnelle, 2010). L'igloo en fibre de verre chilien a été installé à l'origine en 1990-1991 tandis que le camp américain l'a été en 1996-1997. On y trouve également des aires de stockage, et des tentes sont, selon que de besoin, érigées chaque saison à proximité. Durant la saison 2009-2010, un hangar pour les véhicules tous terrains (VTT) a été construit dans le camp américain, servant de conteneur d'appoint pendant l'été et d'entreposage d'hiver pour les VTT. Le site a été choisi de sorte qu'il soit inclus dans le périmètre actuel de la station, évitant ainsi de gêner les déplacements de phoques. Une structure de toile " Weatherport " est entreposée au cap Shirreff, pouvant servir d'hébergement d'appoint aux chercheurs de passage dans la zone. Elle est dressée, le cas échéant, à moins de 10 m au sud de la station américaine.
Deux postes d'observation météorologique automatiques sont installés à l'extérieur des bâtiments du cap Shirreff. Deux stations de réception pour le suivi télémétrique des phoques se trouvent chacune dans une boîte (90 × 60 × 100 cm), l'une située à l'est de l'aire d'atterrissage A sur le versant nord-est de la colline Condor, et l'autre sur le versant nord-est de la colline Toqui (carte 3).
Une borne de marquage est située sur la plage El Módulo, près des stations chilienne et américaine. Elle indique que la zone est protégée et qu'elle est interdite d'accès. Durant la saison 2015-2016, la borne nécessitait d'être réparée. Il est prévu d'en installer une nouvelle pendant la saison 2016-2017 (Krause, communication personnelle, 2015). Les lignes de démarcation de la zone ne sont pas autrement marquées.
Les vestiges d'un camp, vraisemblablement d'origine russe, se trouvent près des camps chilien et américain. On peut trouver dans d'autres parties de la péninsule quelques traces des camps qu'avaient installés au XIXe siècle des chasseurs de phoque (Smith et Simpson, 1987 ; Torres, 1993 ; Stehberg et Lucero, 1996). Un cairn (monument historique n°59) a été érigé au sommet de la colline Gaviota sur la côte nord-ouest afin de commémorer la perte des passagers du San Telmo en 1819 (carte 3). En 1998-1999, un point d'observation ornithologique/refuge d'urgence de 5 × 7 m (62°27.653'de latitude sud, 60°47.404'de longitude ouest) a été installé par des scientifiques américains sur les pentes nord de la colline Enrique au-dessus de la plage Bahamonde, à proximité des colonies de manchots (carte 3).
6 (iv) Emplacement d'autres zones protégées à proximité immédiate de la zone
Les zones protégées les plus proches du cap Shirreff sont la péninsule Byers (ZSPA n° 126), qui se trouve à environ 20 km au sud-ouest ; port Foster (ZSPA n°145, île de la Déception) et d'autres parties de l'île de la Déception (ZSPA n° 140), qui sont situées à quelque 30 km au sud ; et la " baie du Chili " (baie Discovery) (ZSPA n° 144), située à environ 30 km à l'est à l'île Greenwich (carte 1).
6 (v) Zones spéciales à l'intérieur de la zone
Une zone dans le nord et l'ouest de la zone protégée a été désignée comme aire à accès limité, en raison de la grande concentration de faune et de flore sauvage qui s'y trouve. Les restrictions d'accès s'appliquent uniquement à l'accès par aéronef et interdisent les survols à moins de 2 000 pieds (~ 610 m), à moins qu'un permis ne l'autorise spécifiquement. L'aire à accès limité est définie comme la zone au nord du point 62°28' de latitude sud (carte 2), à l'ouest du 60°48' de longitude ouest et au nord du 62°29' de latitude sud.
Une aire d'accès à la zone par hélicoptère a été retenue (carte 2) qui s'applique aux aéronefs accédant aux sites d'atterrissage désignés à l'intérieur de la zone. Cette aire d'accès s'étend vers le nord de la calotte glaciaire de l'île Livingston en suivant la principale ligne de crête de la péninsule sur 1 200 m (~ 0.65 Nm.) vers la colline Selknam. L'aire d'accès à la zone par hélicoptère s'étend ensuite à l'est sur 300 m (~ 0.15 Nm), jusqu'à l'aire d'atterrissage B au col d'Ancho, et se prolonge encore sur 400 m (~ 0.23 Nm) à l'est jusqu'au sommet de la colline Condor, à proximité de l'aire d'atterrissage d'hélicoptère. La limite sud de l'aire d'accès à la zone par hélicoptère coïncide avec la ligne de démarcation sud de la zone.
7. Critères de délivrance des permis d'accès
7 (i) Conditions générales pour l'obtention d'un permis
L'accès à la zone est interdit sauf si un permis a été délivré par une autorité nationale compétente. Les critères de délivrance d'un permis pour entrer dans la zone sont les suivants :
- un permis est délivré uniquement pour une étude scientifique associée au Programme de contrôle de l'écosystème ou pour des raisons scientifiques, éducatives, archéologiques ou historiques impérieuses qu'il n'est pas possible de satisfaire ailleurs ;
- un permis est délivré pour des buts de gestion essentiels qui sont conformes aux objectifs du plan tels que des activités d'inspection, d'entretien ou de révision ;
- les actions autorisées ne porteront pas atteinte aux valeurs écologiques, scientifiques, éducatives, archéologiques ou historiques de la zone ;
- toutes les activités de gestion entreprises le seront à l'appui des objectifs du plan de gestion ;
- les activités autorisées le sont en conformité avec le plan de gestion ;
- la détention du permis ou d'une copie certifiée conforme est impérative dans la zone ;
- un rapport de visite devra être soumis à l'autorité nommée dans le permis ;
- tout permis sera délivré pour une durée déterminée.
7 (ii) Accès à la zone et déplacements à l'intérieur ou au-dessus de celle-ci
L'accès à la zone se fera au moyen d'une petite embarcation, d'un hélicoptère ou à pied. Les personnes pénétrant dans la zone doivent rester à proximité immédiate de leur aire d'atterrissage, à moins qu'un permis ne les autorise à s'éloigner.
Accès par embarcation
L'accès à la zone au moyen d'une petite embarcation doit se faire à l'un des endroits suivants (carte 2) :
1. La côte orientale de la péninsule sur la plage El Módulo, à 300 m au nord des installations du camp, où un profond canal rend l'accès plus ou moins facile.
2. L'extrémité nord de la plage Half Moon, sur la côte orientale de la péninsule.
3. L'extrémité nord de la plage Yamana, sur la côte occidentale (à marée haute uniquement).
4. La côte nord de la plage Alcazar, près du point d'observation ornithologique/refuge d'urgence.
5. L'extrémité sud de la plage nord sur l'île San Telmo.
L'accès en petite embarcation à d'autres endroits sur la côte est autorisé sous réserve qu'il soit conforme aux objectifs pour lesquels un permis a été délivré. Deux postes de mouillage ont été identifiés à proximité de la zone : le premier à 1 600 m au nord-est des principales installations de campement et le second à environ 800 m au nord de l'île San Telmo (carte 2). Les visiteurs doivent, dans la mesure du possible, éviter de débarquer lorsque des colonies de pinnipèdes ou d'oiseaux de mer sont présentes sur la côte ou à proximité.
Accès en aéronef et survol
En raison de la présence marquée de pinnipèdes et d'oiseaux de mer dans la péninsule du cap Shirreff pendant la saison de reproduction (1er novembre-31 mars), il est vivement déconseillé d'accéder à la zone en aéronef pendant cette période. Dans la mesure du possible et de préférence, l'accès doit se faire au moyen d'une petite embarcation. Toutes les restrictions imposées à l'accès en aéronef et au survol de la zone que renferme ce plan s'appliqueront durant la période qui va du 1er novembre au 31 mars inclus. Pendant cette période le mouvement et l'atterrissage d'aéronefs dans la zone sont autorisés sous réserve que les conditions suivantes soient strictement réunies :
1. Il est recommandé que les aéronefs se maintiennent à une distance horizontale aussi bien que verticale de 2000 pieds (~ 610 m) de la limite de démarcation de la zone protégée (carte 2), à moins qu'ils n'accèdent aux aires d'atterrissage désignées ou qu'un permis les autorise à agir autrement.
2. Tous les survols de la zone à accès limité sont interdits à moins de 610 m (2 000 pieds), sauf si un permis l'autorise. La zone à accès limité est définie comme étant la zone située au nord du 62°28' de latitude sud (carte 2) ou au nord du 62°29' de latitude sud et à l'ouest du 60°48' de longitude ouest (carte 2), et comprend les aires où l'on trouve les plus grandes concentrations de faune et de flore sauvages.
3. L'atterrissage d'hélicoptères est autorisé à deux endroits spécifiques (carte 2). Les aires d'atterrissage et leurs coordonnées sont décrites ci-dessous :
(A) sur une petite surface plane, à environ 150 m au nord-ouest du sommet de la colline Condor (50 m, ou ~ 150 pieds ; 60°46.438'de longitude ouest, 62°28.257' de latitude sud), qui est le site de débarquement privilégié pour la plupart des activités ; et
(B) sur la vaste surface plane du col Ancho (25 m), située entre la colline Condor et la colline Selknam (60°46.814' de longitude ouest, 62°28.269' de latitude sud).
1. Les aéronefs accédant à la zone le feront autant que possible par l'aire d'accès à la zone pour hélicoptère.
L'aire d'accès permet une approche par le sud au-dessus de la calotte de glace permanente de l'île Livingston, et s'étend le long de la principale ligne de crête de la péninsule sur 1 200 m (~ 0,65 Nm) vers la colline Selknam (altitude = 50 m ou ~ 150 pieds). L'aire d'accès par hélicoptère continue ensuite à l'est sur 300 m (~ 0,15 Nm) au col d'Ancho, où se situe l'aire d'atterrissage B, et sur 400 m (~ 0,23 Nm) de plus à l'est jusqu'au sommet de la colline Condor (altitude = 50 m ou ~ 150 pieds), près de l'aire d'atterrissage A. Les aéronefs doivent éviter de survoler les aires où se trouvent la cabane et la plage du côté est de la colline Condor.
2. Les approches privilégiées de l'aire d'accès sont celles du sud au-dessus de la calotte de glace permanente de l'île Livingston, du sud-ouest en venant de la baie Barclay, et du sud-est en venant de la baie Hero (cartes 1 et 2).
3. Il arrive fréquemment que le temps soit nuageux avec un plafond bas au cap Shirreff, en particulier dans les environs de la calotte de glace permanente, ce qui peut rendre difficile l'évaluation des conditions de neige/glace à terre depuis l'aéronef. Le personnel sur le terrain qui est chargé, s'il y a lieu, d'informer les pilotes des conditions météorologiques locales avant l'approche ne doit jamais oublier que la base de nuage minimale de 150 m (500 pieds) au-dessus du niveau moyen de la mer dans la zone d'approche de l'île Livingston est nécessaire pour respecter les lignes directrices régissant l'accès.
4. L'utilisation de grenades fumigènes pour déterminer la direction des vents est interdite dans la zone sauf pour des raisons impérieuses de sécurité, et toutes les grenades utilisées doivent être récupérées.
Accès en véhicule et utilisation de véhicules dans la zone
L'accès en véhicule à terre est autorisé jusqu'aux lignes de démarcation de la zone. L'accès en véhicule sur la glace de mer est autorisé jusqu'au littoral à l'intérieur de la zone. Les véhicules peuvent être utilisés à terre uniquement :
- dans la zone côtière entre la plage El Módulo et les installations de campement américaines et chiliennes (carte 3) ; et
- en soutien pour le ravitaillement annuel du point d'observation ornithologique/refuge d'urgence en suivant la voie d'accès indiquée (carte 3), celui-ci devant avoir lieu avant le 15 novembre de chaque saison et à la seule condition qu'une couche neigeuse d'au moins 40 cm recouvre tout l'itinéraire, afin de réduire au minimum les éventuels dommages aux sols et à la végétation sous-jacents (Felix et Raynolds, 1989). Passée cette date du 15 novembre, chaque trajet devra faire l'objet d'une grande attention afin de ne pas causer d'éventuelles perturbations aux otaries à fourrure femelles adultes, qui reviennent souvent à cette période de l'année. Pas plus de deux trajets par saison ne pourront être effectués pour ce ravitaillement. Le chemin d'accès devra être minutieusement inspecté en cas d'absence de neige afin de s'assurer que les véhicules n'auront causé aucun dommage aux sols ou à la végétation. Si tel était le cas, l'usage des véhicules à des fins de ravitaillement sera suspendu jusqu'à la révision de cette politique.
Il est interdit d'utiliser des véhicules ailleurs dans la zone.
Accès à pied et déplacements dans la zone
A l'exception de l'utilisation limitée de véhicules décrite ci-dessus, les déplacements à terre dans la zone se feront à pied. Il est interdit aux pilotes, aux membres d'équipage des aéronefs, des embarcations ou des véhicules ainsi qu'à quiconque se trouve dans ces aéronefs, embarcations et véhicules de se déplacer à pied en dehors des environs immédiats de leurs sites de débarquement ou des cabanes sauf autorisation contraire prévue par un permis. Les visiteurs doivent se déplacer avec le plus grand soin afin de réduire au minimum les perturbations de la flore, de la faune et des sols. Ils doivent, dans la mesure du possible, rester sur les sections enneigées ou rocheuses tout en veillant à ne pas endommager les lichens. Les déplacements à pied doivent être réduits au maximum en fonction des objectifs de toute activité autorisée et tout doit être mis en œuvre pour en limiter les effets.
7 (iii) Activités pouvant être menées dans la zone
Travaux de recherche scientifique qui ne portent pas atteinte aux valeurs de la zone, en particulier à celles qui sont associées au programme de contrôle de l'écosystème de la CCAMLR.
Activités de gestion essentielles, y compris la surveillance.
Activités à visée pédagogique (de type rapports documentaires - photographiques, audio ou écrits - ou production de ressources ou de services pédagogiques) qu'il n'est pas possible de mener ailleurs.
Activités dont le but est de préserver ou de protéger les ressources historiques à l'intérieur de la zone.
Recherches archéologiques qui ne menacent pas les valeurs de la zone.
7 (iv) Installation, modification ou enlèvement de structures
Aucune structure ne peut être installée dans la zone sauf autorisation stipulée dans le permis.
Les principales installations de campement sont limitées à l'aire qui se trouve dans un rayon de 200 m des camps chilien et américain existants (carte 3). De petits abris ou postes d'observation temporaires peuvent être construits en vue de faciliter l'étude scientifique de la faune.
Toutes les structures, tout le matériel scientifique et tous les repères installés dans la zone doivent être autorisés par un permis et clairement identifiés par pays, nom du principal chercheur et année d'installation. Tout l'équipement doit être fabriqué avec des matériaux qui posent un risque minimum de perturbation de la faune et de pollution de la zone.
Toute activité liée à l'installation (y compris le choix du site), à l'entretien, à la modification ou à l'enlèvement de structures sera menée à bien de manière à réduire au minimum les perturbations de la faune et de la flore ; à cet égard, il est recommandé d'éviter autant que faire se peut la principale saison de reproduction (1er novembre-31 mars).
L'enlèvement de structures, d'équipement, de jalons ou de dispositifs de bornage pour lequel le permis a expiré sera du ressort de l'autorité qui a délivré le permis original et figurera parmi les critères régissant la délivrance du permis.
7 (v) Emplacement des camps
Les campements sont autorisés dans un rayon de 200 m des installations des camps chiliens et américains, sur la côte est de la péninsule du cap Shirreff (carte 3). Les campements temporaires sont permis à l'extrémité nord de la plage Yamana pour pourvoir aux besoins des travaux sur le terrain sur les îlots San Telmo (carte 3). La cabane américaine d'observation des oiseaux sur les pentes nord de la colline Enrique (60°47'28” de longitude ouest, 62°27'41”de latitude sud) peut être utilisée comme abri de nuit temporaire à des fins de recherche mais elle ne doit pas être utilisée comme un camp semi-permanent. Les campements sont autorisés sur l'île San Telmo lorsque cela s'avère nécessaire pour répondre aux buts et objectifs du plan. L'endroit à privilégier pour installer un camp se trouve à l'extrémité sud de la plage nord de l'île. Les campements sont interdits ailleurs dans la zone.
7 (vi) Restrictions concernant les matériaux et organismes pouvant être introduits dans la zone
L'introduction délibérée d'animaux, de végétaux, de micro-organismes ou de sols est interdite dans la zone et les précautions visées ci-dessous seront prises en cas d'introductions accidentelles.
Afin de contribuer à protéger les valeurs écologiques et scientifiques au cap Shirreff et sur l'île San Telmo, les visiteurs prendront des mesures de précaution particulières contre les introductions accidentelles. Les introductions particulièrement préoccupantes sont celles concernant les agents pathogènes, les microbes, les invertébrés ou les plantes issus d'autres sites antarctiques, y compris de stations, ou provenant d'autres régions hors de l'Antarctique. Les visiteurs doivent veiller à ce que le matériel d'échantillonnage et de balisage soit stérile avant d'entrer dans la zone. Les chaussures et autres articles utilisés ou introduits dans la zone (y compris les sacs à dos, les mallettes et les tentes) seront sans toute la mesure du possible nettoyés à fond avant d'entrer dans la zone.
La volaille préparée doit être exempte de maladies ou d'infections avant d'être expédiée dans la zone et, si elle y est introduite à des fins alimentaires, toutes ses parties et tous ses déchets seront retirés dans leur intégralité et incinérés, ou bouillis suffisamment longtemps pour éliminer toutes les bactéries ou tous les virus potentiellement infectieux.
Aucun herbicide ni pesticide ne doit être introduit dans la zone.
Tout autre produit chimique, y compris les radionucléides ou isotopes stables, susceptibles d'être introduits à des fins scientifiques ou de gestion en vertu du permis, seront retirés de la zone au plus tard lorsque prendront fin les activités prévues par le permis.
Aucun combustible, produit alimentaire ou autre matériel ne sera entreposé dans la zone à moins d'être essentiel aux activités prévues par le permis.
Tous les matériaux seront introduits dans la zone pour une période déterminée. Ils seront retirés de ladite zone au plus tard à la fin de cette période, puis ils seront gérés et entreposés de manière à réduire au minimum les risques pour l'environnement.
En cas de déversement susceptible de mettre en péril les valeurs de la zone, leur enlèvement est encouragé à condition que l'impact de celui-ci ne soit pas susceptible d'être supérieur à celui consistant à laisser le matériel in situ.
7 (vii) Prélèvement de végétaux et capture d'animaux ou perturbations nuisibles à la faune et la flore
Le prélèvement de végétaux et la capture d'animaux ou les perturbations nuisibles à la faune et à la flore sont interdits, sauf avec un permis distinct délivré par l'autorité nationale compétente, conformément à l'article 3 de l'Annexe II du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement, et uniquement à cette fin. Les programmes de recherche du CEMP en cours dans la zone doivent être consultés avant que d'autres permis pour la capture ou la perturbation nuisible d'animaux ne soient délivrés
7 (viii) Ramassage ou enlèvement de toute chose qui n'a pas été apportée dans la zone par le détenteur du permis
Le ramassage ou l'enlèvement de toute chose qui n'a pas été apportée dans la zone par le détenteur du permis ne peut se faire qu'en conformité avec le permis, et doit se limiter au minimum requis pour les activités menées à des fins scientifiques ou de gestion.
Tout matériau d'origine anthropique susceptible d'avoir un impact sur les valeurs de la zone et n'ayant pas été introduit par le titulaire du permis ou toute autre personne autorisée, doit être enlevé à condition que cet enlèvement n'entraîne pas de conséquences plus graves que de le laisser in situ. Dans ce cas, les autorités compétentes devront en être informées.
Tout matériau susceptible de posséder une valeur archéologique, historique ou de patrimoine importante ne devra pas être manipulé, endommagé, enlevé ou détruit. Ces objets devront être répertoriés et soumis à une décision par l'autorité compétente quant à leur conservation ou leur transfert. La réinstallation ou l'enlèvement à des fins de préservation ou de protection, ou pour rétablir l'exactitude historique est autorisé sous réserve de la délivrance d'un permis.
L'autorité nationale compétente devra être informée de l'enlèvement de tout objet n'ayant pas été apporté dans la zone par le détenteur du permis.
7 (ix) Elimination des déchets
Tous les déchets seront retirés de la zone, à l'exception des déchets humains et des effluents domestiques liquides qui peuvent être enlevés de la zone ou déversés dans la mer.
7 (x) Mesures nécessaires pour continuer d'atteindre les objectifs du plan de gestion
1. Des permis peuvent être délivrés pour entrer dans la zone et s'y livrer à des activités de surveillance biologique et des inspections de site qui peuvent faire intervenir le prélèvement de petites quantités de matière végétale ou d'un petit nombre d'animaux à des fins d'analyse ou d'audit, ou encore pour prendre des mesures de protection.
2. Tous les sites spécifiques qui doivent faire l'objet d'une surveillance de longue durée doivent être bien indiqués balisés.
3. Pour éviter toute interférence avec les travaux de recherche et de surveillance ou tout double emploi éventuel, les personnes qui ont l'intention d'entreprendre de nouveaux projets dans la zone doivent, avant d'entamer les travaux, consulter les responsables de programmes en cours d'exécution au cap Shirreff, comme ceux du Chili et des États-Unis.
4. Etant donné que l'échantillonnage géologique a un impact à la fois permanent et cumulatif, les visiteurs qui prélèvent des échantillons géologiques dans la zone doivent remplir un formulaire décrivant le type géologique, la quantité et l'emplacement des échantillons pris, qui devra au minimum être déposé auprès de leur Centre national de données antarctiques ou du Répertoire maître de l'Antarctique.
7 (xi) Rapports de visite
Les Parties doivent s'assurer que le principal détenteur de chaque permis délivré soumet aux autorités compétentes un rapport décrivant les activités menées dans la zone. Ces rapports doivent, le cas échéant, inclure les informations identifiées dans le Guide pour l'élaboration des plans de gestion des zones spécialement protégées de l'Antarctique.
Les Parties doivent conserver des archives de ces activités et, lors de l'échange annuel d'informations, fournir une description synoptique des activités menées par les personnes relevant de leur juridiction, avec suffisamment de détails pour permettre une évaluation de l'efficacité du plan de gestion. Les Parties doivent, dans la mesure du possible, déposer les originaux ou les copies de ces rapports dans des archives auxquelles le public pourra avoir accès, et ce, afin de conserver des archives d'usage qui seront utilisées dans l'examen du plan de gestion et dans l'organisation de l'utilisation scientifique de la zone.
L'autorité compétente doit être informée de toutes les activités ou mesures entreprises, et/ou des matériaux rejetés et non enlevés, qui n'avaient pas été prévus par le permis.
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