ANNEXE
PLAN DE GESTION POUR LA ZONE SPÉCIALEMENT PROTÉGÉE DE L'ANTARCTIQUE NO 128, CÔTE OCCIDENTALE DE LA BAIE DE L'AMIRAUTÉ, ÎLE DU ROI GEORGE, ÎLES SHETLAND DU SUD
Introduction
La côte occidentale de la baie de l'Amirauté se trouve sur l'île du Roi George, îles Shetland du Sud, à environ 125 km au nord de la péninsule Antarctique. En voici la superficie approximative et les coordonnées : 16,8 km2 (centré à 58° 27' 40" W, 62° 1 l'50" S). La zone est entièrement terrestre, et les raisons principales de sa désignation sont sa faune aviaire et mammalienne diversifiée et sa riche végétation locale, qui fournissent des exemples représentatifs de l'écosystème antarctique marin. Des recherches scientifiques de longue durée ont été menées sur les animaux présents à l'intérieur de la zone. La zone est relativement accessible à partir des stations de recherches et des navires touristiques qui se rendent régulièrement dans la baie de l'Amirauté, et les valeurs scientifiques et écologiques de la zone doivent être protégées des perturbations potentielles.
A l'origine, la zone avait été désignée comme Site présentant un intérêt scientifique particulier (SISP) n° 8 par la Recommandation X-5 (1979, SISP n° 8) sur proposition de la Pologne. Cette désignation a été prorogée par les Recommandations XII-5 (1983) et XIII-7 (1985) et la Résolution 7 (1995). Un plan de gestion révisé a été adopté en vertu de la Mesure 1 (2000). Le site a été rebaptisé et renuméroté par la Décision 1 (2002) comme Zone spécialement protégée de l'Antarctique (ZSPA) n° l28. La zone est comprise à l'intérieur de la Zone gérée spéciale de l'Antarctique (ZGSA) n° l, baie de l'Amirauté, île du Roi George, îles Shetland du Sud, désignée en vertu de la Mesure 2 (2006).
Les valeurs scientifiques et biologiques de la zone sont sensibles aux perturbations humaines (par ex. au suréchantillonnage, à la perturbation de la faune, à l'introduction d'espèces non indigènes). Par conséquent, il est important que les activités humaines entreprises dans la zone soient gérées de façon à limiter le risque d'impact. Une petite parcelle où l'espèce Poa annua a été introduite a été remarquée dans la zone et constitue une priorité en matière de gestion. La zone est suffisamment grande pour que soient protégées les valeurs pour lesquelles une protection spéciale est requise, car elle inclut dans ses limites de nombreux exemples des caractéristiques représentées (par ex. de communautés animales et végétales), ce qui devrait permettre à la zone de résister aux changements qui pourraient être dus aux pressions locales et régionales, d'autant plus si l'on prend en compte les autres instruments intervenant dans la région, tels que la Zone gérée spéciale de l'Antarctique n° 1, baie de l'Amirauté, la Convention sur la conservation de la faune et de la flore marines de l'Antarctique (CCAMLR) et l'Accord sur la conservation des albatros et des pétrels (ACAP).
La zone inclut les environnements situés à l'intérieur de trois domaines définis dans l'Analyse des domaines environnementaux pour l'Antarctique : l'Environnement A - Géologique du nord de la péninsule antarctique ; l'Environnement E - Péninsule antarctique, île Alexander et autres ; et l'Environnement G - îles au large des côtes de la péninsule antarctique. La zone est classée par les Régions de conservation biogéographiques de l'Antarctique dans la RCBA3 - Nord-Ouest de la péninsule antarctique.
1. Description des valeurs à protéger
La côte occidentale de la baie de l'Amirauté présente une faune aviaire et mammalienne diversifiée et une riche végétation locale qui est représentative de l'écosystème terrestre de l'Antarctique marin. Les colonies reproductrices d'Adélie (Pygoscelis adeliae) et de manchots papous (Pygoscelis papua) présentent dans la zone sont parmi les plus grandes de l'île du Roi George, et le site est l'un des rares sites protégés où l'on peut observer les trois espèces de manchots Pygoscelid se reproduire ensemble au même endroit. Dix autres oiseaux se reproduisent dans la zone, y compris le manchot à jugulaire (Pygoscelis antarctica), le pétrel géant (Macronectes giganteus), le damier du cap (Daption capense), l'océanite de Wilson (Oceanites oceanicus), l'océanite à ventre noir (Fregetta tropice), le chionis blanc (Chionis alba), le labbe antarctique (Stercorarius maccormicki), le labbe brun (Stercorarius lonnbergi), le goéland dominicain (Larus dominicanus) et la sterne antarctique (Sterna vittata).
Les éléphants de mer (Mirounga leonina), les otaries à fourrure (Arctocephalus gazella), les phoques de Weddell (Leptonychotes weddellii) se reposent et/ou se reproduisent sur un certain nombre de plages de la zone. Des léopards des mers (Hydrurga leptonyx) et des phoques crabiers (Lobodon carcinophagus) fréquentent la baie de l'Amirauté et sont parfois présents sur les plages de la zone.
De riches communautés végétales terrestres sont présentes dans la zone, notamment la graminée antarctique Deschampsia et la sagine Colobanthus, dont les colonisations sont parmi les plus étendues d'Antarctique. Des parcelles étendues de mousses issues des familles d'Andreaeaceae, de Bryaceae, de Polytrichaceae, de Pottiaceae et de Grimmiaceae sont présentes, en particulier près de la côte à 60 m au-dessus du niveau de la mer. Les assemblages de lichens dominent en altitude. De riches communautés microbiennes sont également réprésentées, notamment par des algues (par ex. Prasiola, Phormidum), des acariens (des ordres/sous-ordres Prostigmata, Mesostigmate et Oribatida) et des nématodes (par ex. Plectus et Panagrolaimus).
Les valeurs à protéger sont liées à l'assemblage exceptionnellement varié de faune et de flore, qui constitue un exemple représentatif de l'écosystème antarctique marin, ainsi qu'aux études scientifiques de longue durée qui sont menées dans la zone essentiellement depuis 1976. En particulier, les études scientifiques qui ont été menées ont été importantes en ce qu'elles ont permis d'obtenir et d'interpréter des informations sur les mouvements régionaux à grande échelle des populations de manchots pygoscelid observés sur la péninsule antarctique et ses îles au large au cours des décennies récentes.
L'exposition récente de nouvelles zones libres de glace résultant du recul des glaciers a permis d'étudier les processus de colonisation, ce qui donne à la zone une valeur scientifique supplémentaire. Le statut de l'espèce non indigène Poa annua, présente sur les moraines libres de glace à proximité du glacier Ecology, fait l'objet d'un suivi systématique. L'ensemble de la zone fait également l'objet d'un suivi afin de détecter la présence d'autres espèces ayant été introduites accidentellement.
2. Buts et objectifs
La gestion de la côte occidentale de la baie de l'Amirauté vise à :
- éviter toute détérioration ou tout risque de détérioration des valeurs de la zone en empêchant toute perturbation humaine inutile dans la zone ;
- autoriser des travaux de recherche scientifique sur l'écosystème de la zone et, en particulier, sur l'écologie terrestre, des pinnipèdes et de l'avifaune, tout en les protégeant du suréchantillonage ou d'autres impacts scientifiques potentiels ;
- autoriser la réalisation d'autres recherches scientifiques, d'activités de soutien scientifique et de visites pédagogiques ou de sensibilisation (telles que des reportages-documentaires (visuels, audios ou écrits) ou la production de ressources ou de services pédagogiques) sous réserve que ces activités se justifient par des raisons impérieuses impossibles à satisfaire ailleurs et qui ne portent pas atteinte à l'écosystème naturel de la zone ;
- limiter les risques d'introduction de plantes, d'animaux ou de microbes non indigènes supplémentaires dans la zone ;
- réduire le risque d'introduction d'agents pathogènes qui pourraient provoquer des maladies au sein des populations fauniques de la zone ;
- éviter la propagation de l'herbe non indigène Poa annua présente dans la zone en la contenant dans ses limites et son étendue actuelles en attendant que de nouvelles recherches soient menées et que des stratégies de gestion pour un suivi à long terme soient développées et utilisées en coordination avec les stratégies développées dans le cadre de la gestion des espèces non indigènes présentes dans l'ensemble de la ZGSA n° 1 baie de l'Amirauté ; et
- autoriser des visites à des fins de gestion à l'appui des buts et objectifs du plan de gestion.
3. Activités de gestion
Les activités de gestion ci-après seront réalisées pour protéger les valeurs de la zone :
- des panneaux indiquant l'emplacement de la zone (et les restrictions particulières qui s'y appliquent) seront installés bien en vue et une copie du présent plan de gestion sera disponible dans les cabanes de recherche de la zone et dans toutes les stations scientifiques permanentes se trouvant à l'intérieur de la baie de l'Amirauté ;
- des exemplaires de ce plan de gestion doivent être transmis à tous les navires et aéronefs se rendant dans la zone ou opérant à proximité des stations avoisinantes, et tous les pilotes et capitaines de navires opérant dans la région doivent être informés de l'emplacement de la zone, de ses limites et des restrictions d'accès et de survol qui s'appliquent à l'intérieur de celle-ci ;
- les programmes nationaux prendront les mesures nécessaires pour que les limites de la zone et les restrictions d'accès qui s'y appliquent soient indiquées sur les cartes terrestres, marines et aéronautiques concernées ;
- les bornes, panneaux et structures érigés à l'intérieur de la zone à des fins scientifiques ou à des fins de gestion seront maintenus en bon état et enlevés lorsqu'ils ne seront plus nécessaires ;
- les programmes antarctiques nationaux opérant dans la zone devront tenir un registre des nouveaux panneaux, bornes et structures érigés dans la zone ;
- l'espèce non indigène Poa annua présente à l'intérieur de la zone, près du glacier Ecology, doit faire l'objet d'un suivi annuel afin d'observer l'évolution de son étendue et/ou de sa densité, et des politiques de confinement ou d'éradication de l'espèce à l'intérieur de la zone doivent être élaborées de toute urgence. mise en œuvre et régulièrement réexaminées ;
- avant qu'une décision informée ne soit prise concernant les avantages et les chances de succès que présente l'éradication de l'espèce par rapport au dommage environnemental qu'elle pourrait causer, il convient de collecter plus d'informations concernant sa répartition et son impact actuel et futur sur l'écosystème, toute recherche allant dans ce sens devant être appuyée. Cependant, si une autorité compétente estimait l'éradication nécessaire pour protéger les valeurs de la zone, un enlèvement mécanique de l'espèce non indigène à l'aide d'outillage à main peut être entrepris, conformément aux procédures qui seront fixées préalablement dans une évaluation d'impact ;
- le personnel (membres des programmes nationaux et des expéditions de terrain, responsables des expéditions touristiques et pilotes) menant des activités dans les environs de la zone, la survolant ou s'en approchant, devront être spécifiquement informés des dispositions et du contenu du plan de gestion par leur programme national, leur voyagiste ou par l'autorité nationale compétente ;
- des visites seront effectuées selon les besoins (au moins une fois tous les cinq ans) pour s'assurer que la zone répond toujours aux buts pour lesquels elle a été désignée et pour s'assurer que les mesures de gestion et d'entretien sont appropriées ;
- les directeurs des programmes antarctiques nationaux en cours d'exécution dans la région se livreront entre eux à des consultations pour veiller à ce que les dispositions ci-dessus sont mises en œuvre.
4. Durée de la désignation
La zone est désignée pour une durée indéterminée.
5. Cartes et photographies
Carte 1 : ZSPA n° 128 Côte occidentale de la baie de l'Amirauté, île du Roi George - Aperçu régional. Encart : Emplacement sur l'île du Roi George, îles Shetland du Sud, Péninsule antarctique.
Projection : conique conforme de Lambert ; parallèles types : 1er 62° 00' S ; 2e 62° 15' S ; méridien central : 58° 15' 0 ; latitude origine 64° 00' S ; datum horizontal et sphéroïde : WGS84. Topographie et littoraux fournis par Proantar, Brésil. Bathymétrie : International Bathymetrie Chart of the Southern Ocean (IBCSO) v1 (2013). Autres données fournies par Environmental Research & Assessment.
Carte 2 : ZSPA n° 128 Côte occidentale de la baie de l'Amirauté : accès, installations et faune.
Spécifications de la carte : projection : UTM Zone 21 S ; Datum horizontal et sphéroïde : WGS84. Topographie et bathymétrie fournies par Proantar, Brésil. Littoral mis à jour à partir de l'imagerie WorldView-1 (Mars 2008 : imagery ©Digital Globe courtesy of US NGA Commercial Imagery Prograrn). Cours d'eau numérisés par carte orthophotographique par Pudelko (1979). Emplacement de Poa annua, des sites de débarquement de petites embarcations, des bornes et du SMH n° 51 fournis programme antarctique polonais. Autres données fournies par Environmental Research & Assessment.
6. Description de la zone
6 (i) Coordonnées géographiques, bornage et caractéristiques du milieu naturel
Description générale :
La zone se situe sur la côte occidentale de la baie de l'Amirauté du côté sud de l'île du Roi George, qui est la plus grande île de l'archipel des îles Shetland du Sud. La station Arctowski (Pologne) se trouve à 0,5 km au nord. La zone comprend un terrain libre de glace comportant des rochers escarpés jusqu'à 400 m d'altitude et des pentes morainiques plus douces alternées de plusieurs glaciers descendant vers la côte. Le littoral est composé de larges plages de galets entrecoupées de promontoires rocheux. La zone fait environ 17 km2.
Limites et coordonnées :
La limite orientale de la zone suit le littoral sur la côte occidentale de la baie de l'Amirauté à partir de l'extrémité Sud Est de l'anse Halfmoon (58° 27' 49” 0, 62° 09' 44” S) sur 6 km vers le SSE jusqu'à la pointe Demay (carte 2). La limite suit ensuite le littoral vers le Sud-Ouest autour de l'anse Paradise et de la pointe Utchatka sur environ 3,5 km jusqu'à la pointe Telefon (Patelnia) (58° 28' 28” O, 62° 14' 03” S). De là, la limite s'étend en ligne droite vers le nord, sur environ 2,3 km jusqu'au sommet Tour (367 m ; 58° 28' 48” O, 62° 12' 55” S), un pic imposant du glacier Tour. La limite poursuit dans cette direction sur 5,3 km supplémentaires, jusqu'au pic Jardine (285 m ; 58° 29' 54” O, 62° 10' 03” S). Ensuite, elle descend en ligne droite vers l'est sur environ 1,7 km, du pic Jardin au point le plus élevé de la crête Penguin, environ 550 m de la station Arctowski. De là, la limite remonte vers le nord-est sur environ 0,3 km jusqu'au sud-est de la côte de l'anse Halfmoon. Une borne est placée sur la limite nord de la zone à l'anse Halfmoon à 58° 27' 48.7” O, 62° 09' 43.7” S, à environ 500 m au sud-est de la station Arctowski (carte 2).
Climat :
Le climat de la zone est typique de l'Antarctique marin. Des données complémentaires obtenues à la station Arctowski (Pologne) entre 1977 et 2000 ainsi que de 2006 à aujourd'hui et à la station Comandante Ferraz (Brésil) depuis 1984 montrent que le microclimat de la baie de l'Amirauté est caractérisé par une température annuelle moyenne d'environ - 1,8 °C et d'une vitesse de vent annuelle moyenne d'environ 6,5 m/s- 1. La moyenne annuelle de précipitations s'élève à 508,5 mm, d'humidité à 82 % et de pression à 991 hPa. La température annuelle moyenne des eaux de la baie de l'Amirauté varie entre - 8 °C et + 4 °C, ces eaux étant bien mélangées par les marées et fortement influencées par les courants et les remontées d'eau côtière (cf. Plan de gestion de la ZGSA n° 1, baie de l'Amirauté).
Le climat varie depuis peu sous l'influence de systèmes de pression instables tels que le Mode annulaire austral et l'Oscillation australe El Niño (ENSO) (Bers et al. 2012). Un réchauffement régional de la température de l'air rapide a été observé sur la Péninsule antarctique occidentale (PAO) au cours des cinquante dernières années et est exceptionnel et sans précédent depuis cinq cents ans, d'après les données obtenues grâce aux carottes de glace (Vaughan and Doake 1996). Les reconstructions les plus récentes font état d'une tendance au réchauffement entre 1957 et 2006 de l'ordre de 0,12 °C par décennie pour l'ensemble du continent antarctique, et de 0,17 °C par décennie pour l'Antarctique occidental (Steig et al. 2009). Schlass et al. (2012) montrent que la tendance au réchauffement a engendré sur cette période de 50 ans une augmentation moyenne de la température de l'air d'environ 2,0 °C en été et de 2,4 °C en hiver à la station Carlini avoisinante (carte 1). Kejna et al. (2013), après analyse des données provenant de toutes les sources météorologiques disponibles sur les îles du Roi George et Déception, montrent une augmentation de 1,2 °C de la température annuelle moyenne de l'air et une diminution de 2,3 hPa de la pression atmosphérique sur une période comparable.
Géologie, géomorphologie et sols :
Des recherches géologiques ont été menées sur l'île du Roi George avant 1980 par des scientifiques britanniques, argentins, russes et chiliens, bien que la zone située à l'intérieur de la ZGSA n° 128 n'ait pas été décrite en raison de l'absence de série lithostratigraphique de roche-mère (pour plus de détails voir Birkenmajer [2003]). La première carte géographique de la zone a été présentée par Birkenmajer (1980), et à nouveau publiée après des modifications mineures dans Birkenmajer (2003). La zone de la ZSPA n° 128 est incluse par Birkenmajer (2003) dans le bloc tectonique Warszawa (terrane), composé de roches pyroclastiques et volcaniques du Crétacé, du Paléocène et de l'Eocène avec des traces de roches sédimentaires. Les roches volcaniques sont principalement du basalte, de l'andésite basaltique et de l'andésite intercalée de tufs, de scories et de brèches volcaniques. Des sédiments comportant des restes végétaux sont présents dans l'horizon mince (< 1 m) de la partie supérieure des sections Zamek. En outre, du bois pétrifié dispersé est présent dans des agglomérats de la Tour et de la flore fossile est présente en abondance dans des clastiques remaniées de la moraine Blaszczyk. Une riche variété de feuilles dicotylédones, principalement représentées par le genre Nothofags et par des empreintes de plantes à frondes laurophylles ainsi que de pousses de conifères, a été réunie et décrite sur ce site (Birkenmajer & Zastawniak [1989] ; Zastawniak [1994] ; Outra & Batten [2000]). Plusieurs intrusions bypabyssales (culots, filons, filons-couches) de composition patrographique et géochimique diversifiée coupent les complexes volcaniques stratiformes de le terrane Warszawa (Barbieri et al. [1987]).Des analyses isotopiques menées récemment (40Ar-39Ar de roches et U-Pb de zircons) ont révélé que la plupart des roches de la zone, qu'on datait auparavant au Crétacé, remontent en réalité à l'Eocène, même les formations abritant de la flore fossile (Nawrocki et al. 2011).
Les sols de toundra pauvres que l'on retrouve sous le climat antarctique marin sont difficiles à décrire selon les critères habituels utilisés dans les systèmes de classification des sols traditionnels. La première classification de sol intuitive et écologique de l'Antarctique marin, y compris de la ZSPA n° 128, a été proposée par Everett (1976). Schaefer et al. (2007) a identifié 20 unités de pédopaysages dans les environs de la station Arctowski et les a classées dans une carte géo-environnementale selon leur vulnérabilité, carte en partie comparable à celle d'unités de sol plus formelles proposée par Blume et al. (2002). Dans cette région, les sols côtiers entourant les colonies de manchots ont fait l'objet d'une attention particulière, leurs écosystèmes fertiles étant hautement productifs et d'une grande diversité biologique. Les sols ornithogéniques ont été entièrement décrits et cartographiés (ou indiqués sur des photographies aériennes) dans les travaux de Tatur & Myrcha (1984) ; Tatur (1989) et Tatur (2002). Les sols ornithogéniques de l'Antarctique marin ont été subdivisés en sols organiques des roqueries (avec de l'hydroxyapatite) ; sols de la zone phosphatisée (avec des phosphates Al-Fe comportant du K et des ions NH4) et des sols accumulés à partir de phosphates remaniés inactifs. En outre, les sols reliques des sites abandonnés par les colonies de manchots se distinguent et constituent une caractéristique importante dans la zone. La phosphatisation a été décrite comme étant un processus de formation du sol, qui a également fait l'objet de recherche dans d'autres travaux (e.g. Simas et al. [2007]). Blume et al. (1997) et Beyer et al. (1999) ont identifié la phosphatisation comme étant une podzolisation et, en recourant à la nouvelle version de la taxonomie des sols américaine, ils ont identifié les sols touchés par le pergélisol sec (qu'ils ont observés dans la zone) comme étant des sols anhydres et gélisols, où des processus pédogénétiques surviennent, tels que la cryoturbation, la brunification et la podzolisation.
Glaciologie, cours d'eau et lacs :
La zone est formée par des glaciers de vallée drainant le champ de glace Warszawa et entourés sur les flancs par de la roche-mère exposée. Des collines rocheuses isolées sont couvertes de moellons de roche et des dépôts glaciaires et les glaciers occupent les dépressions présentes entre elles. Des falaises imposantes datant de l'Holocène sont visibles sur la zone côtière. Les plages surélevées de l'Holocène (qui atteignent jusqu'à 16 m au-dessus du niveau de la mer) et des plages plus récentes sont composées de sable, de galets et de pierres.
Plusieurs glaciers descendent dans la mer, se déplaçant vers l'est à partir du champ de glace Warszawa (carte 2). Cela fait au moins trente ans que ces glaciers ne cessent de reculer, les précédents fronts de glaciers de marée ayant reculé jusqu'à 900 m à l'intérieur des terres entre 1997 et 2007 (Battke et al. [2001] ; Pudelko [2007]), ce qui correspond à la tendance au réchauffement mondial et à la fonte locale des glaciers en déplacement de la baie de l'Amirauté (Braun & Gossmann [2002]). La superficie libre de glace de la ZSPA n° 128 est passée de 20 % en 1979 à plus de 50 % en 1999, (Battke et al. [2001]) et elle continue d'augmenter. Les glaciers en recul ont déposé des bandes de crêtes formées de moraines latérales et de fond présentes sur les parties plates du front des glaciers, les lagons d'eau saumâtre récoltant souvent les eaux de fonte glaciaires mélangées à l'eau de mer (glaciers Ecology, Baranowski et Windy). Des parcelles de terre récemment exposées et de nouvelles étendues d'eau sont colonisées par un biote, ce qui donne l'occasion unique d'étudier les processus de succession dans l'environnement antarctique (Oiech & Massalski [2001]).
Un certain nombre de cours d'eau de fonte sont présents dans la zone et viennent principalement de glaciers émissaires se déplaçant à partir du champ de glace Warszawa (carte 2).
Ecologie terrestre :
La végétation typique de l'Antarctique marin a partiellement colonisé le terrain libre de glace de la zone. Des zones sèches et des roches sont colonisées par des lichens et des plantes à fleurs telles que Deschampsia antarctica et Colobanthus quitensis sont localement nombreuses et occupent des superficies relativement étendues, en particulier près de la station Arctowski. Il s'agit d'une des plus grandes superficies recouvertes par ces espèces en Antarctique. Des bryophytes et des plantes à fleurs dominent la végétation de 0 à 60 mm au-dessus du niveau de la mer, les lichens étant présents à une altitude plus élevée. Des mousses des familles Andreaeaceae, Bryaceae, Polytrichaceae, Pottiaceae et Grimmiaceae sont également présentes. La richesse et la diversité des espèces est moindre à proximité des colonies de manchots, en raison de la forte teneur en nitrate et en ammoniac des sols (Olech [2002] ; Victoria, Pereira et Pinheiro [2009]).
Une espèce d'herbe non indigène, Poa annua, a été observée en 2008-2009 dans la zone, sur les moraines libres de glace du glacier Ecology (Olech & Chwedorzewska [2011]) (emplacement approximatif 58° 27' 54” O 62° 10' 7” S, carte 2). Cette espèce a été recensée pour la première fois en dehors de la zone, à la station Arctowski, durant l'été 1985-1986 (Olech [1996]), d'abord à des endroits où la structure du sol avait été perturbée par les activités humaines, et ensuite au sein de communautés végétales indigènes (Olech, non publié, d'après Chwedorzewska [2008]). La forte variabilité génétique présente dans la zone indique que plusieurs phénomènes d'immigration distincts d'origines différentes, notamment d'Europe et d'Amérique du Sud, ont eu lieu (Chwedorzewska [2008]).
Récemment, des propagules et du pollen de la scirpe Juncus bufonius ont été découverts à un endroit à l'intérieur de la zone (Cuba-Diaz et al. [2012]).
Trois types d'acariens différents sont présents dans la zone : Les prostigmates, les mesostigmates et les oribates. La communauté dominante est celle des prostigmates, les oribates n'étant présents que dans des parties étant libres de glace depuis plus de trente ans (Gryziak [2009]).
Le recul des glaciers a exposé de nouvelles zones libres de glace qui sont successivement colonisées par des communautés microbiennes et d'invertébrés incluant des algues, des acariens et des nématodes ainsi que des lichens, des mousses et des plantes vasculaires. Les espèces pionnières, les premières à être apparues, sont la mousse Bryum pseudotriquetrum, et l'herbe Deschampsia antarctica. La deuxième étape de succession a été marquée par la dominance de Colobanthus quitensis. Les premiers lichens se développant sur les roches (Caloplacajohnstoni, C. sublobulata, Lecanora spp.) sont apparus lors de la troisième étape de succession. L'influence significative des colonies de manchots, dans la région de la pointe Telefon (Patelnia), est survenue au quatrième stade de succession. Les communautés ornithocoprophiles de lichens épilithiques dominaient les roches, tandis que l'herbe Deschampsia antarctica, les algues nitrophiles (Prasiola crispa, Phormidium spp) et les mousses (par ex. Syntrichia magellanica) dominaient le sol (Olech & Massalski [2001]). L'abondance de nématodes augmente avec l'âge des zones libres de glace, les espèces couramment présentes étant Plectus et Panagrolaimus (Ilieva-Makulec & Gryziak [2009]).
Oiseaux nicheurs :
Douze espèces d'oiseaux se reproduisent régulièrement dans la zone, les plus nombreuses étant celles de manchots. En 2012-2013, il y avait 6 017 couples nicheurs de manchots Adélie (Pygoscelis adeliae), 984 couples nicheurs de manchots à jugulaire (Pygoscelis antarctica) et 5 396 couples nicheurs de manchots papous (Pygoscelis papua) (données non publiées du programme américain Antarctic Marine Living Resources [AMLR]). II y a de grandes variations interannuelles pour toutes ces espèces qui peuvent atteindre certaines années plus de 40 % (Ciaputa et Sierakowski [1999]). Des diminutions significatives du nombre moyen de manchots nicheurs ont été constatées sur des périodes de quatre ans de 1978-1981 et 2009-2012, lorsqu'une diminution moyenne de près de 69 % pour les manchots Adélie et de plus de 83 % pour les manchots à jugulaire a été observée, alors que le nombre de manchots papous a augmenté de 64 %. Ces tendances suivent celles observées pour les espèces d'autres colonies proches de l'île du Roi George, en particulier celles de la croupe du Lion (Korczak-Abshire et al. [2013]) et de la pointe Stranger (Carlini et al. [2009]). Les tendances régionales et les données relatives à la reproduction font état de grands écarts entre les taux de survie des différentes espèces (Hinke et al. [2007], Carlini et al. [2009]), qui sont influencés par des facteurs externes aux sites de reproduction de la zone. Par conséquent, les changements observés au sein des populations sur les sites de reproduction de la zone ne seraient pas dus aux pressions ou impacts humains survenant dans la zone.
Tableau 1. - Moyennes sur quatre ans du nombre de couples nicheurs de manchots à l'intérieur de la ZSPA n° 128 (à partir de données de Ciaputa & Sierakowski 1999, US AMLR program unpublished data)
ESPÈCES |
EMPLACEMENT |
PÉRIODE DE RECENSEMENT |
VARIATION MOYENNE (1978-1981 à 2009-2012) |
VARIATION EN POURCENTAGE (1978-1981 à 2009-2012) |
||
---|---|---|---|---|---|---|
1978-81 |
1992-96 |
2009-2012 |
||||
Pygoscelis adeliae |
Pointe Llano |
10 859 |
6 073 |
2 454 |
- 8 405 |
|
Pointe Thomas |
11 899 |
9 886 |
4 578 |
- 7 321 |
||
Total |
22 758 |
15 959 |
7 032 |
- 15 726 |
- 69,1% |
|
Pygoscelis antarctica |
Pointe Telefon |
2 029 |
1 511 |
604 |
- 1 425 |
|
Pointe Uchatka |
1 944 |
909 |
292 |
- 1 652 |
||
Pointe Demay |
819 |
263 |
52 |
- 767 |
||
Pointe Llano |
347 |
8 |
2 |
- 345 |
||
Pointe Thomas |
541 |
1 |
0 |
- 541 |
||
Total |
5681 |
2692 |
950 |
- 4 731 |
- 83,3% |
|
Pygoscelis papua |
Pointe Llano |
2174 |
1765 |
4646 |
2 472 |
|
Pointe Thomas |
715 |
267 |
90 |
- 625 |
||
Total |
2889 |
2032 |
4736 |
1 847 |
+ 63,9% |
Neuf autres espèces d'oiseaux se reproduisent dans la zone : le pétrel géant (Macronectes giganteus), le damier du cap (Daption capense), l'océanite de Wilson (Oceanites oceanicus), l'océanite à ventre noir (Fregetta tropice), le chionis blanc (Chionis alba), le goéland dominicain (Larus dominicanus), la sterne antarctique (Sterna vittata), le labbe antarctique (Stercorarius maccormicki) et le labbe brun (Stercorarius lonnbergi).
Les données relatives aux deux dernières espèces montrent que leur taux de reproduction était faible durant la saison 2012-2013, au cours de laquelle aucun couple de labbes antarctiques ou mixte ne s'est reproduit.
Malgré cette mauvaise saison, bon nombre d'oiseaux étaient présents sur les territoires (Hinke, communication personnelle, 2013, programme US AMLR).
Tableau 2. - Recensement des couples de labbes nicheurs (Cameiro et al. [2009], US AMLR program unpublished data)
EMPLACEMENT |
LABBE BRUN |
LABBE ANTARCTIQUE |
COUPLES MIXTES |
TOTAL |
||||||||
---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
2012-2013 |
2004-2005 |
1978-1979 |
2012-2013 |
2004-2005 |
1978-1979 |
2012-2013 |
2004-2005 |
1978-1979 |
2012-2013 |
2004-2005 |
1978-1979 |
|
De Pointe Llano à Pointe Telefon |
11 |
21 |
24 |
0 |
27 |
5 |
0 |
6 |
2 |
11 |
54 |
31 |
Pointe Thomas |
7 |
21 |
23 |
0 |
45 |
7 |
0 |
10 |
7 |
7 |
76 |
38 |
Quatre autres espèces de manchots (royal [Aptenodytes patagonicus], empereur [Aptenodytes forsteri], gorfou sauteur [Eudyptes chrysocome] et manchot de Magellan [Spheniscus magellanicus] ) sont parfois observées dans la zone. D'autres espèces aviaires antarctique (par exemple, le pétrel des neiges [Pagodroma nivea]) sont également observées dans la zone (Poland [2002]).
Sept espèces d'oiseaux d'Amérique du Sud de passage ont été observées dans la zone : le héron garde-bœufs (Bubulcus ibis), le cygne à cou noir (Cygnus melanocoryphus), le canard de Chiloé (anas sibilatrix), le canard à queue pointue (Anas georgica), le bécasseau à croupion blanc (Calidrisfuscicollis), le phalorope de Wilson (Phalaropus tricolor) et l'hirondelle rustique (Hinmdo rustica) (Poland 2002 ; Korczak-Abshire, Lees & Jojczyk 2011 ; Korczak-Abshire, Angiel & Wierzbicki 2011).
Mammifères reproducteurs :
On trouve sur des nombreuses plages des éléphants de mer (Mirounga leonina), des otaries à fourrure (Arctocephalus gazella) et des phoques de Weddell (Leptonychotes weddelli), bien que seuls les éléphants de mer s'y reproduisent. En 2009-2010, des harems d'éléphants de mer et 238 petits ont été observés dans la zone (carte 2), tandis que le nombre maximal d'otaries à fourrure dépassait la même année 1 290 individus (Korczak-Arbshire, communication personnelle). Les recensements annuels de phoques ont été menés par la Pologne chaque année tous les dix jours depuis 1988 (Ciaputa [1996] ; Salwicka & Sierakowski [1998] ; Sa1wicka & Rakusa Suszczewski [2002]). On constate clairement un grand cycle annuel, le nombre d'éléphants de mer atteignant son niveau maximal de décembre à février, tandis que celui d'otaries à fourrure atteint un pic vers le mois de février et un second pic, moins élevé, aux environs de juin. On aperçoit fréquemment pendant l'hiver des léopards de mer (Hydrurga leptonyx) et des phoques crabiers (Lobodon carcinophagus) sur des blocs de glace flottante, mais ils viennent rarement à terre (Salwicka & Rakusa-Suszczewski [2002]).
Activités et impacts humains :
La station d'hivernage Henryl Arctoski (Pologne) (58° 28' 15” O, 62° 09' 34” S) située à 0,5 km au nord de la zone (carte 1) est occupée en continu depuis 1977 et peut accueillir jusqu'à 70 personnes en été et 20 personnes en hiver. Sept autre stations permanentes de programmes nationaux se situent à proximité, à l'intérieur de la baie de l'Amirauté, notamment les stations Ferraz (Brésil) (~ 9,5 km de la zone), Machu Picchu (Pérou) (~ 7,6 km de la zone) et Vincente (Equateur) (~ 5,2 km de la zone). Les activités des programmes nationaux en cours dans la région sont coordonnées par le plan de gestion de la ZGSA n° 1, baie de l'Amirauté.
Un campement saisonnier estival (Etats-Unis d'Amérique) (58° 26' 49” O, 62° 10' 46” S) se situe à l'intérieur de la zone au sud de la pointe Llano (carte 2). Nommé Copacabana , ce campement, qui peut accueillir jusqu'à six personnes, est occupé chaque été depuis sa construction en 1985 par des ornithologues.
Un petit abri de bois (16 m2 4 couchettes) (Pologne) (58° 26' 32” O,62° 13' 03” S) se trouve à environ 300 m au nord-ouest de la pointe Uchatka, près de la côte de l'anse Paradise. Cette cabane est principalement utilisée par des chercheurs qui étudient les colonies de manchots et de pinnipèdes se trouvant dans la partie sud de la zone. L'abri fait également office de campement pour les glaciologues, les géologues et les botanistes qui travaillent sur les glaciers Baranowski et Windy.
La baie de l'Amirauté est une destination touristique traditionnelle en raison de son emplacement, de ses valeurs écologiques et historiques et de l'intérêt que présentent les stations scientifiques d'hivernage qui y sont installées. La station Arctowski est particulièrement populaire (Chwedorzewska & Korczak [2010]), le nombre de visiteurs ayant atteint un pic en 2007-2008 (tableau 3). Les principales activités menées sont des visites de stations, avec de longues marches, des excursions en kayak et des croisières à bord de petites embarcations menées à proximité de la zone, mais en dehors de celle-ci.
Tableau 3. - Nombre de visites de touristes à la station Arctowski (Source : IAATO)
SAISON |
NOMBRE DE TOURISTES (débarqués et non débarqués) |
NOMBRE DE TOURISTES débarqués seulement |
NOMBRE DE NAVIRES |
---|---|---|---|
2003-2004 |
3 284 |
3 284 |
10 |
2004-2005 |
2 684 |
2 684 |
8 |
2005-2006 |
3 178 |
3 178 |
9 |
2006-2007 |
3 969 |
3 969 |
12 |
2007-2008 |
5 772 |
5 772 |
11 |
2008-2009 |
1 896 |
1 896 |
6 |
2009-2010 |
4 022 |
1 501 |
9 |
2010-2011 |
387 |
387 |
4 |
2011-2012 |
624 |
624 |
4 |
2012-2013 |
1 368 |
1 350 |
7 |
Le nombre élevé de visites à la station Arctowski rend la zone relativement sensible à l'introduction d'espèces non indigènes. Une espèce de ce genre, l'herbe Poa annua, a développé une population stable à la station Arctowski (Olech 1996), et se trouve sur une moraine libre de glace à l'intérieur de la zone (aux environs du 58° 27' 54” O 62° 10' 7” S. Carte 2). En 2011, environ 70 individus de cette espèce s'étendaient sur le site sur une superficie de 100 m2 (Olech and Chwedorzewska 20 Il). La Pologne soutient des recherches supplémentaires sur la survie et la propagation de la Poa annua dans la région, ce qui devrait permettre de prendre des décisions informées quant aux mesures de gestion à adopter face à cette espèce non indigène située dans et à proximité de la zone (Kidawa. communication personnelle, [2013]).
6 (ii) Accès à la zone
La zone est accessible par la terre, la glace de mer, la mer ou les airs. Aucun itinéraire particulier n'est prévu pour accéder au site. Des restrictions d'accès par petites embarcations ainsi que de survol et d'atterrissage d'aéronef sont d'application dans la zone, et les conditions spécifiques s'y rapportant sont définies dans la section 7(i) ci-dessous.
6 (iii) Emplacement de structures à l'intérieur de la zone et à proximité
Les deux structures ci-après se trouvent dans la zone. Lecamp Copacabana (Etats-Unis d'Amérique) (58° 26' 49.27” W 62° 1 0' 45.89” S) de situe à environ 500 m au sud de la pointe Llano et composé de trois cabanes en bois pouvant accueillir six personnes. Un abri en bois de quatre couchettes (Pologne) (58° 26' 32.27” W 62° 13' 2.9” S) se trouve dans l'anse Paradise, à environ 1,2 km au sud-ouest de la pointe Demay.
6 (iv) Emplacement d'autres zones protégées à proximité
La ZSPA n° 125, péninsule Fildes, île du Roi George (du 25 mai) et la ZSPA n° 150, île Ardley, baie Maxwell, île du Roi George (du 25 mai), se trouvent à environ 27 km à l'ouest de la zone (carte 1). La ZSPA n° 132, péninsule Potter, et la ZSPA n° 171, pointe Narebski, péninsule Barton, se trouvent respectivement à environ 15 km et environ 19 km à l'ouest de l'île du Roi George (du 25 mai). La ZSPA n° 151, croupe du Lion, île du Roi George, se trouve à environ 20 km à l'est de la zone (cartel). Le monument historique n° 5l, la tombe de Wlodzimierz Puchalkzi et la croix de fer la surmontant, se trouve à environ 80 rn au-delà de la limite nord de la zone (carte 2).
La zone est comprise à l'intérieur de la Zone gérée spéciale de l'Antarctique (ZGSA) n° 1, baie de l'Amirauté, île du Roi George. îles Shetland du Sud, désignée par la Mesure 2 (2006) (carte 1).
6 (v) Zones spéciales à l'intérieur de la zone
Il n'y a pas de zones désignées dans la zone.
7. Critères de délivrance d'un permis
7 (i) Conditions générales de délivrance de permis
L'accès à la zone est interdit sauf si un permis a été délivré par une autorité nationale compétente. Les critères de délivrance de permis d'accès à la zone sont les suivants :
- le permis est délivré pour mener des études scientifiques, en particulier sur l'avifaune de la zone, ou pour des raisons scientifiques, pédagogiques ou de sensibilisation impérieuses qui ne peuvent être satisfaites ailleurs, ou pour des raisons essentielles à la gestion de la zone ;
- les actions autorisées le sont conformément au présent plan de gestion ;
- les activités autorisées veilleront à ne pas porter atteinte à la protection continue des valeurs environnementales et scientifiques de la zone par le biais d'un processus d 'évaluation d'impact sur l'environnement.
- les distances d'approche de la faune doivent être respectées, sauf dans le cadre de projets scientifiques spécifiés dans les permis correspondants ;
- le permis est délivré pour une durée déterminée ;
- le permis ou une copie sera emporté à l'intérieur de la zone.
7 (ii) Accès à la zone et déplacements à 1'intérieur de celle-ci
L'accès à la zone peut se faire à pied, par petite embarcation ou par aéronef. Les véhicules sont interdits à l'intérieur de la zone. L'accès aux aires de reproduction des oiseaux durant la saison de reproduction (du 1er octobre au 31 mars) est restreint aux visiteurs menant ou appuyant des recherches scientifiques, ou menant des activités pédagogiques ou de sensibilisation conformes aux buts et objectifs du présent plan de gestion, ou entreprenant des activités de gestion essentielles.
Accès piéton à la zone et déplacements à l'intérieur de celle-ci :
Les piétons veilleront à ne pas perturber les oiseaux et les phoques et à ne pas endommager la végétation. Les piétons entrant dans la zone à partir de la station Arctowski toute proche devront garder à l'esprit que des semences ou des matières végétales de l'herbe envahissante non indigène Poa annua peuvent potentiellement être transférées et devront dès lors respecter les précautions fixées dans la section 7(v) pour limiter les risques de propagation.
Les piétons doivent respecter les distances d'approche minimale de la faune décrites ci-dessous, à moins qu'il soit nécessaire de s'en approcher plus près pour des raisons autorisées par le permis.
- pétrels géants (Macronectes giganteus) - 50 m ;
- autres oiseaux et phoques en phase de reproduction ou de mue - 15 m ;
- autres oiseaux et phoques n'étant pas en phase de reproduction - 5 m.
Les pilotes, les équipages et autres personnes à bord des embarcations ou des aéronefs ne sont pas autorisés à se déplacer à pied dans les alentours immédiats du site de débarquement ou des cabanes, sauf autorisation expresse prévue par le permis. Les visiteurs doivent se déplacer en prenant les précautions nécessaires afin de perturber le moins possible la flore, la faune et les sols. Par ailleurs, ils devront, dans la mesure du possible, emprunter les sections rocheuses ou enneigées et éviter les zones de végétation. Dans la mesure du possible, les piétons doivent éviter les sols humides afin de ne pas endommager les sols et les communautés alguaires et végétales sensibles et de ne pas dégrader la qualité de l'eau. Les déplacements à pied doivent être maintenus au minimum compatible avec les objectifs de toute activité autorisée et tous les efforts raisonnables doivent être entrepris pour limiter les nuisances.
Accès par petite embarcation :
L'accès par la mer n'est autorisé qu'au moyen de petites embarcations. L'accès par la mer à la zone de plage entre la pointe Llano et la colline Sphinx (carte 2) est interdit afin d'éviter toute interférence avec les communautés animales qui font actuellement l'objet de recherche de longue durée, sauf dans le but de visiter le camp Copacabana à des fins autorisées par le permis, ou en cas d'urgence. Les sites de débarquements recommandés pour les petites embarcations se trouvent aux endroits suivants (carte 2) :
1° Sur les plages de l'anse Halfmoon ou de l'anse Arctowski, qui se situent toutes deux en dehors de la zone et ne nécessitent par conséquent pas de permis d'accès ;
2° Sur la plage située immédiatement en face du camp Copacabana (Etats-Unis d'Amérique) ; ou
3° Sur la plage située immédiatement en face de l'abri (Pologne) de l'anse Paradise.
Le débarquement sur tout site situé au sud de la colline Sphinx le permettant est autorisé, s'il est conforme aux objectifs pour lesquels le permis a été délivré. Les visiteurs de la zone arrivant par petites embarcations doivent en avertir la station Arctowski.
Accès aérien et survol :
Au vu de la présence étendue d'oiseaux marins et de pinnipèdes à l'intérieur de la zone durant la saison de reproduction (du 1er octobre au 31 mars), l'accès à la zone par aéronef durant cette période est fortement déconseillé. Toutes les restrictions d'accès et de survol par aéronef sont d'application du 1er octobre au 31 mars inclus, et les déplacements et atterrissages d'aéronefs à l'intérieur de la zone doivent strictement respecter les conditions suivantes :
1° Les aéronefs doivent maintenir une distance de séparation horizontale et verticale de 2 000 pieds (environ 610 m) de la côte dans son ensemble, et des colonies fauniques en phase de reproduction en particulier, indiquées sur la carte 2, sauf autorisation contraire du permis ;
2° La météo de l'île du Roi George est dominée par un plafond nuageux bas, en particulier à proximité des calottes polaires permanentes telles que le champ de glace Warszawa. Les aéronefs doivent éviter la zone à moins qu'il soit possible de conserver en toute sécurité la distance minimale de séparation horizontale et verticale de 2 000 pieds (environ 610 m) mentionnée ci-dessus ;
3° Les atterrissages d'hélicoptères à l'intérieur de la zone sont uniquement autorisés sur les glaciers permanents ou en cas d'urgence ;
4° Les hélicoptères opérant dans la région peuvent atterrir sur le site d'atterrissage désigné se trouvant à la station Arctowski (58° 58.849” O, 62° 11.577” S), qui doit être approché par le nord-est au-dessus de la baie de l'Amirauté. Le survol de la limite nord de la zone doit être évité en raison de la présence de nombreux oiseaux et phoques ;
5° L'utilisation de grenades fumigènes pour indiquer la direction du vent est interdite à l'intérieur de la zone sauf en cas d'absolue nécessité pour des questions de sécurité, auquel cas toute grenade utilisée doit être récupérée ;
6° Si les pilotes font face à des circonstances qui ne sont pas décrites ci-dessus, ils doivent utiliser comme norme minimale les Lignes directrices pour les aéronefs à proximité des concentrations d'oiseaux en Antarctique annexées à la Résolution 2 (2004).
7° Ces dispositions ne s'appliquent pas aux petits aéronefs sans pilote qui peuvent être déployés à des fins scientifiques ou de gestion.
7 (iii) Activités pouvant être menées dans la zone
Les travaux de recherche scientifiques qui ne mettront pas en péril l'écosystème ou les valeurs de la zone ;
Les activités pédagogiques ou de sensibilisation qui ne peuvent pas être satisfaites ailleurs ;
Les activités dont le but consiste à préserver ou protéger les ressources historiques à l'intérieur de la zone ;
Les activités de gestion essentielles, y compris de gestion d'espèces non indigènes, de suivi et d'inspection ;
Les activités sur le site de la zone colonisé par l'herbe envahissante Poa annua (carte 2) se limitent uniquement à la gestion ou à la recherche liées à l'espèce non indigène, l'accès à cette zone pour d'autres raisons étant interdit à moins qu'il ne soit nécessaire à des fins scientifiques ou de gestion qui ne peuvent être satisfaites ailleurs. Les personnes accédant au site doivent veiller à ne pas propager plus encore l'herbe en inspectant et en nettoyant minutieusement les chaussures, les équipements et les vêtements avant de se déplacer vers un autre endroit situé à l'intérieur ou à l'extérieur de la zone.
7 (iv) Installation, modification ou enlèvement de structures
Aucune structure ne doit être érigée dans la zone sauf si un permis 1'autorise et, à J'exception des bornes et panneaux permanents, toute structure ou installation permanente supplémentaire est interdite ;
Toutes les balises, les structures ou les matériels scientifiques installés dans la zone doivent être autorisés par un permis et clairement identifiés, indiquant le pays, le nom du principal chercheur, l'année d'installation et la date d'enlèvement prévue. Ces objets ne doivent pas contenir d'organisme, de propagule (par ex. semences, œufs) ou de terre non stérilisée et doivent être formés de matériaux résistants aux conditions environnementales et présentant un risque minimal de contamination ou de dommage pour les valeurs de la zone ;
L'installation (et la sélection du site), l'entretien, la modification ou l'enlèvement des structures et équipements ne doivent pas perturber les valeurs de la zone, et doivent idéalement se faire en dehors de la saison principale de reproduction (du 1er octobre au 31 mars) ;
L'enlèvement de matériel spécifique pour lequel le permis est arrivé à expiration sera à la charge de l'autorité qui a délivré le permis original et devra figurer conformément aux critères du permis.
7 (v) Emplacement des camps
Le camp Copacabana (Etats-Unis d'Amérique) et l'abri (Pologne) situés à l'anse Cove (carte 2) peuvent accueillir un nombre limité de personnes à des fins scientifiques, si l'autorité compétente délivre un permis l'autorisant. Il est interdit de camper dans la zone.
7 (vi) Restrictions relatives aux matériaux et organismes pouvant être introduits dans la zone
Outre les dispositions du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement, les restrictions sur les matériaux et organismes pouvant être introduits dans la zone sont les suivantes :
- il est interdit d'introduire délibérément tout animal, forme végétale, micro-organisme ou terre nonstérilisée dans la zone. Des mesures de précaution doivent être prises pour éviter l'introduction accidentelle de tout animal, forme végétale, micro-organisme et terre non stérilisée provenant de régions biologiques distinctes (comprises à l'intérieur ou à l'extérieur de la zone du Traité de l'Antarctique) ;
- les visiteurs veilleront à ce que le matériel et les repères d'échantillonnage introduits dans la région soient propres. Dans la mesure du possible, les chaussures et autres équipements utilisés ou introduits dans la zone (y compris les sacs à dos, les housses et autres) doivent être minutieusement nettoyés avant d'entrer dans la zone. Cela est particulièrement important lors de tout déplacement à partir de la station Arctowski toute proche, où l'herbe envahissante Poa annua s'est installée, et les chaussures et équipements qui risquent d'être contaminés doivent être nettoyés avant tout départ de la station et ne doivent pas être portés ou utilisés près de la station avant d'entrer dans la zone. Les visiteurs doivent également consulter les recommandations reprises dans le Manuel sur les espèces non indigènes du Comité pour la protection de l'environnement (CPE, 2011) et dans le Code de conduite environnementale du Comité scientifique pour la recherche en Antarctique (SCAR, 2009) et s'y conformer le cas échéant ;
- toute volaille amenée dans la zone et non consommé, y compris les parties, produits ou déchets de volaille, doivent être enlevés de la zone ou éliminés par incinération ou par tout autre moyen équivalent qui élimine les risques pour la faune et la flore indigènes ;
- aucun herbicide ni pesticide ne doit être introduit dans la zone ;
- les combustibles, produits chimiques et autres matériaux ne doivent pas être stockés dans la zone, à moins qu'un permis ne le prévoie spécifiquement, et doivent être stockés et gérés d'une façon qui limite les risques d'introduction accidentelle dans l'environnement ;
- tous les matériaux ne peuvent être introduits dans la zone que pour une période déterminée et doivent être enlevés de la zone au plus tard à la fin de ladite période ;
- en cas de déversement susceptible de porter atteinte aux valeurs de la zone, les matériaux seront enlevés à moins que l'impact de leur enlèvement ne risque d'être plus important que si les matériaux étaient laissés sur place.
7 (vii) Prélèvement de végétaux et capture d'animaux ou perturbations nuisibles à la faune et la flore
Le prélèvement de végétaux et la capture d'animaux ou perturbations nuisibles à la faune et la flore sont interdits, sauf conformément à un permis délivré conformément à l'article 3 de l'annexe II du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de 1'environnement. Dans les cas de capture d'animaux ou de perturbations nuisibles, les prescriptions du Code de conduite du Comité scientifique pour la recherche en Antarctique (SCAR) pour l'utilisation d'animaux à des fins scientifiques constituent la norme minimale à respecter.
7 (viii) Collecte ou enlèvement de matériaux non introduits dans la zone par le titulaire du permis
Des matériaux peuvent être ramassés ou enlevés de la zone uniquement avec un permis et ils doivent être limités au minimum nécessaire pour répondre à des besoins scientifiques ou des besoins de gestion. Celà inclut des échantillons biologiques et de roches, des ossements de baleines, des objets de l'industrie de la chasse à la baleine et tout autre objet historique ;
Les débris d'origine humaine qui risquent de porter atteinte aux valeurs de la zone et qui n'ont pas été introduits dans la zone par le détenteur du permis ou pour lesquels aucune autre autorisation n'a été donnée, peuvent être enlevés de la zone à moins que l'impact de leur enlèvement ne risque d'être plus important que si les matériaux étaient laissés in situ. Si tel est le cas, l'autorité compétente doit en être notifiée et donner son autorisation.
7 (ix) Elimination des déchets
Tous les déchets doivent être enlevés de la zone à l'exception des déchets d'origine humaine et les déchets liquides domestiques, qui peuvent être enlevés de la zone ou jetés à la mer.
7 (x) Mesures nécessaires pour faire en sorte que les buts et objectifs du plan de gestion continuent à être atteints
Des permis d'accès à la zone peuvent être délivrés pour :
1° Mener des activités de suivi et d'inspection de la zone, qui peuvent inclure le prélèvement d'un petit nombre d'échantillons ou de données à des fins d'analyses ou d'audit ;
2° Pour installer ou entretenir des panneaux indicateurs, des bornes, des structures ou tout dispositif scientifique ou logistique essentiel ;
3° Prendre des mesures de protection, qui peuvent inclure l'enlèvement mécanique d'espèces non indigènes à l'aide d'outillage à main ;
4° Pour mener des activités de recherche ou de gestion qui n'interfèrent pas avec les activités de recherche ou de gestion à long-terme et qui ne fassent pas double-emploi. Les personnes prévoyant de nouveaux projets à l'intérieur de la zone doivent consulter les programmes en place à l'intérieur de la zone, tels que ceux de la Pologne et des Etats-Unis, avant de débuter leurs travaux.
7 (xi) Rapports de visites
Le titulaire principal du permis délivré sera tenu de soumettre à l'autorité nationale compétente un rapport pour chaque visite de la zone dans les plus brefs délais et, au plus tard, dans les six mois suivants la fin de la visite ;
Ces rapports doivent contenir, le cas échéant, les catégories d'informations mentionnées dans le formulaire de rapport de visite repris dans le Guide pour l'élaboration des plans de gestion des zones spécialement protégées de l'Antarctique. Le cas échéant, l'autorité nationale doit envoyer une copie du rapport de visite aux Parties qui ont proposé le plan de gestion pour qu'elles puissent l'utiliser à des fins de bonne gestion de la zone ou d'examen du plan de gestion ;
Les Parties doivent, dans la mesure du possible, déposer les originaux ou les copies de ces rapports dans une archive publique afin de conserver une archive d'usage qui sera utilisée pour réexaminer le plan de gestion et pour organiser l'utilisation scientifique du site ;
L'autorité compétente devra être notifiée de toutes les activités entreprises et de toutes les mesures prises ainsi que de tous les matériaux utilisés et non enlevés qui n'étaient pas inclus dans le permis délivré.
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Vous pouvez consulter l'image dans le fac-similé du JO
nº 0248 du 25/10/2015, texte nº 7
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